TUEURS NES

Mickey Knox et sa copine Mallory, tous deux victimes de sévices dans leur enfance, sont devenus le couple de tueurs le plus redoutable de toute l’Amérique. Ils prennent la fuite sur les routes du Sud, se marient à leur manière, et surtout tuent, agressent, violent des dizaines de victimes. Toujours gratuitement. Wayne Gale, un reporter à sensations, leur consacre un reportage en leur proposant de les suivre dans leur odyssée sanglante…

Tout au long de sa carrière, Oliver Stone n’a jamais opté pour des traitements frileux ou user de subtilité dans ses sujets. Mais avec Tueurs Nés, il a certainement atteint le summum de ce style clinquant, outrancier, tape à l’oeil. Suivant la trajectoire meurtrière d’un couple de timbrés qui n’ont que foutre de la frontière entre le Bien et le Mal, son récit est une suite ininterrompue d’exécutions sommaires, de tueries de masse, de morts violentes. La violence justement comme thème central: pour la « dénoncer » à sa façon, montrer comment le monde d’aujourd’hui et en particulier les médias la glorifient et encensent ses effets néfastes sur des populations de plus en plus lobotomisées par des flots d’images. Tueurs Nés joue d’ailleurs ouvertement cette carte de la surenchère: plans syncopés, montage hallucinant, rapidité des actions, maelstrom de visions paroxystiques nous filent aussi bien le tournis que la nausée, tout au long des quasiment deux heures de projection! Stone a sûrement nourri le projet d’écoeurer, de décrire les mécanismes du mal gratuit comme en son temps Kubrick l’avait fait avec Orange Mécanique. Le souci vient du fait que le scénario, écrit par Quentin Tarantino, montre cette dérive sanglante comme une « histoire cool d’inadaptés sociaux devenus psychopathes » et auxquels on s’attache par le biais de leur lien amoureux. Saluons le montage une fois de plus qui mêle animations, flash backs, vidéo et alterne le noir et blanc à la couleur et qui reste sans conteste le point fort du métrage.

En couple sanguinaire déjanté, Woody Harrelson et Juliette Lewis confirment leur penchant très net pour des rôles « borders » et inconfortables. Ils se démènent comme des dingues pour rendre crédibles leurs personnages impitoyables et sans une once de morale. Robert Downey Jr en journaliste avide de scoop et surtout d’audimat en fait des caisses (Stone a dû le diriger dans cette direction là), Tommy Lee Jones compose un directeur de prison hystérique et éructant. Réaliste dans sa représentation d’une virée infernale, Tueurs Nés n’a pas manqué de déclencher un scandale, posant l’éternelle question: n’est on pas directement complaisant en filmant (sans restriction aucune) la violence telle qu’elle est, sous couvert de la dénoncer? Qui plus est sous l’influence de substances illicites! Il n’en demeure pas moins que le film rappelle qu’il est directement issu d’une Amérique malade, obsédé par les armes, les faits divers et qui engendre allégrement des monstres.

ANNEE DE PRODUCTION 1994.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Volontairement too much et choquant, ce film d'Oliver Stone fut le plus controversé de sa carrière. Flot de violence en continu, script de Tarantino qui parfois fait du surplace. Le couple Harrelson Lewis se régale à jouer comme deux robots démentiels.

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