UN FRANÇAIS

Avec ses copains, Braguette, Grand-Guy, Marvin, Marco cogne les Arabes et colle les affiches de l’extrême droite. Jusqu’au moment où il sent que, malgré lui, toute cette haine l’abandonne. Mais comment se débarrasser de la violence, de la colère, de la bêtise qu’on a en soi ? C’est le parcours d’un salaud qui va tenter de devenir quelqu’un de bien.

Autrefois journaliste à Studio Magazine, le réalisateur Patrick Asté alias Diastème renoue avec la caméra, après un premier essai en 2008 Le Bruit des Gens. Un Français relate la rédemption d’un skinhead hyper violent, issu du mouvement radical d’extrême droite, son passage des ténèbres à la lumière, un peu à le façon du terrible American History X sorti quinze ans plus tôt. Après un démarrage sur les chapeaux de roues avec des séquences dérangeantes de tabassage, de bastons, le script devint plus « tranquille », suivant l’évolution vers le « bien » du jeune héros rongé par une envie de vivre autrement, de ne plus déverser sa haine gratuite sur des minorités raciales ou sexuelles. Son parcours psychologique touche forcément même si l’on saisit mal ce qui fait de ce facho extrémiste un mec plus posé, plus réfléchi et plus humain. La transition arrive assez vite dans la narration et les nombreuses ellipses n’aident pas à se repérer dans l’action. Le travail de mise en scène de Diastème, non exempt de maladresses, demeure néanmoins convenable sur la description des milieux proches du FN, de ses sympathisants, de leur réunions « entre soi » et de leurs virées nocturnes pour laisser des arabes sur le carreau. Finalement assez peu mis en avant au cinéma, les racistes et xénophobes sont ici scrutés à la loupe, dans toute l’horreur de leur pensée et de leurs actes.

Uniquement vu à la TV dans des séries médiocres, Alban Lenoir décroche un premier rôle fort qu’il défend très honorablement, changeant peu à peu, du gars méga violent à un jeune homme presque doux, introverti, laissant son passé douteux derrière lui. A ses côtés, deux acteurs plutôt rares: Samuel Jouy et surtout Paul Hamy campent ses deux potes à la brutalité exacerbée avec une vérité qui fait peur. L’histoire de ce jeune prolo ayant grandi dans une cité, nourri à la haine de l’autre, trouve des nuances au fil de son parcours et redonne espoir en l’homme, notamment par la bienveillance d’un pharmacien qui sait lui parler, le calmer, le guider vers une autre manière de se comporter. Ce n’est certes pas le film du siècle, mais cette vision sensible d’un sujet si bouillant ne manque pas de retenir notre attention.

ANNEE DE PRODUCTION 2015.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Diastème prend un sujet brulant pour base de son second opus (le racisme et la rédemption d'un militant FN dans les années 80). Réalisation parfois maladroite et complaisante. Alban Lenoir est très crédible et le casting global a de la tenue.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Diastème prend un sujet brulant pour base de son second opus (le racisme et la rédemption d'un militant FN dans les années 80). Réalisation parfois maladroite et complaisante. Alban Lenoir est très crédible et le casting global a de la tenue. UN FRANÇAIS