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UN MAUVAIS FILS

Bruno Calgani revient en France après avoir purgé cinq ans de prison dans un pénitencier américain pour trafic et usage de stupéfiants. A Roissy, la police l’informe des contrôles qu’il devra subir. Sans logement, Bruno se rend chez son père, René, ouvrier dans le bâtiment. Les retrouvailles ne sont pas chaleureuses. La mère du jeune homme est morte pendant sa détention et René en rend son fils responsable.

Après avoir passé toute la décennie 70 à explorer les affres sentimentaux de la classe bourgeoise et réalisé d’ailleurs ses plus beaux films (César et Rosalie, Vincent François Paul et les autres), Claude Sautet change de cap au début de l’année 80 en traçant ce portrait masculin d’ écorché vif, ancien drogué et ex taulard, retrouvant son père après une longue absence. Situé dans le milieu ouvrier, le film parle de la difficulté d’exprimer ses sentiments, le poids des non dits  dans la sphère familiale et la délicate relation entre un père et son fils. Toujours écrit au cordeau, le scénario est cette fois signé en collaboration avec  Daniel Biasini, journaliste et époux de Romy Schneider. Sautet sait précisément sonder les âmes humaines et sa mise en scène discrète se marie idéalement avec le récit situé dans la France vivant ses derniers mois avant l’arrivée de Mitterand au pouvoir. Le réalisateur évoque aussi toute une partie des problématiques qui allaient devenir récurrentes comme le chômage, le travail au noir, la place des immigrés dans la société, l’homosexualité (à travers le personnage du libraire), les mouvements de grève et la grogne sociale. De ce fait, Un Mauvais Fils s’ancre bien dans son époque et dépasse le simple statut de drame intimiste. Sans doute que Sautet a montré encore davantage de sensibilité dans ses films précédents, mais il reste néanmoins un des observateurs les plus justes sur les rapports humains.

Soutenu par Patrick Dewaere dans le rôle principal, une fois encore bouleversant de nuances, de douleurs rentrées et de regards perdus, le film lui doit beaucoup et Sautet sait le cadrer comme il se doit. L’acteur est entouré d’une très belle brochette de partenaires, au premier rang desquels Yves Robert (occasionnel comédien et bon en prime!) dans le rôle de ce père pas facile, buté, qui n’a pas appris à communiquer ses émotions ou Brigitte Fossey en petite amie droguée, tentant de rester « clean ». Jacques Dufhilo et Claire Maurier complètent cette solide distribution. Le musique, composée par le fidèle Philippe Sarde, ajoute les notes lyriques qu’il fallait pour illustrer ce film finalement un peu à part dans le parcours de Claude Sautet.

ANNEE DE PRODUCTION 1980.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une oeuvre du changement pour Sautet, délaissant les bourgeois pour le milieu ouvrier. Scénario sensible et bien écrit. Patrick Dewaere extra face à Yves Robert très bon comédien.

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