UN SINGE EN HIVER

En Juin 44, en Normandie, Albert Quentin, ancien quartier maitre en Chine, boit pour voyager et revivre ses aventures passées. Patron d’un hôtel, il jure à sa femme Suzanne, lors d’un bombardement, de ne plus jamais boire si leur établissement est épargné. Plusieurs années après, la venue inopinée d’un jeune homme, Albert Fouquet, rêvant de tauromachie, met à mal la « promesse » d’Albert…

Au départ, un roman magnifique écrit par Antoine Blondin, mêlant avec force l’humanité et la tendresse, l’humour et la nostalgie, et qui fut réputé inadaptable sur grand écran. Le scénario fut concocté à trois (François Boyer, Verneuil et Michel Audiard) et restitue assez fidèlement l’esprit du livre. La rencontre d’un vieil aubergiste « ex soiffard » et d’un jeune publicitaire en vadrouille réveille leur désir commun de boisson, d’où une amitié naissante qui va se confirmer dans une nuit d’ivresse homérique. Ainsi présenté, Un Singe en Hiver aurait tout l’air d’une apologie de l’alcool et de ses dérives si en filigrane, il ne s’agissait pas de l’union de deux générations aux illusions perdues, souffrant plus de leur écrasante lucidité que de leur penchant pour la bouteille. Grâce aux savoureux dialogues d’Audiard, la drôlerie l’emporte sur la grisaille, grisaille pourtant dominante dans le patelin de Tigreville, dans une Normandie automnale pluvieuse. Henri Verneuil, en charge de la réalisation, se repose d’ailleurs beaucoup sur les mots du futur auteur des Tontons Flingueurs et niveau mise en scène, le film ne brille pas par une énorme inventivité. Le clou de l’intrigue se situant dans les vingt dernières minutes, lorsque les deux anti héros se tapent une cuite mémorable et déclenchent un feu d’artifice visuel et sonore inédit dans la petite commune. Le noir et blanc sied bien au propos, entre gueule de bois et ivresse assumée, entre vieux baroudeur blasé et jeune loup déluré.

Le type de films qui tient beaucoup sur les épaules de ses interprètes et la réunion du patriarche Jean Gabin (toujours excellent en bougon) et de la jeune star montante Jean Paul Belmondo fait autant d’étincelles que possible. Il convainc autant en matador imaginaire qu’en papa souhaitant récupérer la garde de sa petite fille. Bref, cette rencontre au sommet emmène sans doute le film vers des contrées nettement plus larges que prévu. Quant à leurs partenaires « périphériques », ils tiennent la barre sans avoir à rougir: Suzanne Flon, Noël Roquevert, Paul Frankeur. Au moins pour son écriture acérée et ses très grands acteurs, Un Singe en Hiver vaut bien un aller simple pour le Yang Tsé Kiang!

ANNEE DE PRODUCTION 1962.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Blondin adapté par Verneuil et surtout la verve d'Audiard, ca donne cette comédie féroce soutenue par le tandem Gabin/Belmondo, tous deux excellents même dans l'ivresse (très dure à jouer pourtant!)

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