En 1936, Margot Santorini, femme de l’ambassadeur Santorini en poste à Athènes, vit les derniers jours de la « dolce vita », tandis que le coup d’Etat du général Metaxas se prépare. En dépit de sa frivolité, elle repousse les avances de l’industriel Raoul Malfosse, même si son mari entretient de nombreuses liaisons. Un soir, en ouvrant sa fenêtre, elle aperçoit un homme, résistant communiste poursuivi par les fascistes, qu’elle va sauver de l’emprise de la police…
Drame politique adapté d’un roman de Drieu La Rochelle, écrivain partagé entre les idées de gauche révolutionnaires et le fascisme naissant, Une Femme à sa fenêtre est écrit pour l’écran par Jorge Semprun, communiste convaincu et futur auteur de L’Aveu, grand ami de Costa Gavras. Ce récit romanesque tournant autour d’une belle héroîne convoitée par trois hommes dans les beaux décors naturels de la Grèce des années 30 ne manque ni de charme, ni d’une certaine élégance, mais avec Pierre Granier Deferre derrière la caméra, on assiste davantage à un étalage de passions amoureuses qu’à un vrai film politique au sens engagé du terme. La joliesse des images, le soin apporté aux costumes, les plans du pays écrasé par le soleil finissent par avoir plus d’importance que l’histoire elle même, peu prenante en définitive. Certes, on sent le fascisme gagner du terrain, on comprend que le monde est à un tournant historique, en dehors de ça, le scénario se noie dans des allers retours temporels inutilement compliqués. Produit par Albina du Boisrouvray (à peine auréolée de succès avec L’important c’est d’aimer), le film semble surtout tenir debout grâce à la présence envoutante de son actrice centrale, l’inoubliable Romy Schneider.
Filmée sous tous les angles et dans toutes les toilettes possibles, Romy retrouve son réalisateur du Train, gâtée pour ses dialogues, mise en valeur par une photographie avantageuse, centre névralgique du propos et qui toutefois ne convainc pas tout à fait. Entourée de Philippe Noiret en industriel transi d’amour pour elle, d’Umberto Orsini en mari qui la trompe et de Victor Lanoux en amant révolutionnaire pour qui elle enverrait tout valser, Romy donne du peps à une intrigue poussive et la sauve du désastre. Granier Deferre fut lui même beaucoup plus inspiré dans des oeuvres passées (Le Chat, Adieu Poulet) et compte un peu trop sur son actrice pour pallier aux faiblesses de sa réalisation. Une Femme à sa fenêtre ne mérite pas les quolibets, mais n’a effectivement pas laissé de traces durables dans les esprits.
ANNEE DE PRODUCTION 1976.



