Vicky et Cristina sont d’excellentes amies avec des visions opposés de l’amour: la première est une femme de raison, la seconde une créature aux instincts sexuels plus primaires. A Barcelone pour l’été, elles vont faire la connaissance de Juan Antonio, un beau peintre espagnol à la sensualité provocante…
Avant de poser sa caméra à Paris et plus tard à Rome, Woody Allen sort de son cadre new yorkais confortable et vient tourner à Barcelone ce nouveau chassé croisé amoureux aussi ludique qu’élégant. Vicky Cristina Barcelona conte en effet les différentes formes de marivaudages possibles: adultère, impulsion sexuelle, saphisme, triolisme, etc… Et pourtant, cette comédie enlevée ne tombe pas dans le scabreux ou la provocation facile grâce à l’écriture toujours inspirée de Woody, entre humour féroce, réflexions plus profondes sur les émois amoureux, constat de l’insatisfaction chronique des êtres. Ainsi, ces liaisons mélangées en disent long sur les incertitudes sentimentales de deux jeunes filles aux antipodes l’une de l’autre, alors que leur besoin d’amour véritable, lui, est identique. L’arrivée d’un peintre ultra sensuel et bourré de confiance en lui va mettre du chaos dans leurs vies, bousculer leurs intimes convictions. Quant au personnage de Maria Helena, ex du peintre, aussi belle que furieusement jalouse, il ajoute du désordre au désordre avec une réjouissante folie. Bien que la mise en scène soit par moments conventionnelle (excès de champs contre champs), Allen s’en remet totalement à sa ronde amoureuse en la pimentant de séquences osées (le rapprochement physique entre Cristina et Maria Helena, passant de rivales à amantes), d’ironie mordante (Vicky bien trop sûre de rester droite et fidèle et qui craque comme une midinette).
Le tonus et la beauté du trio de comédiens participe beaucoup à l’adhésion que l’on cultive pour ces protagonistes se tournant sans cesse autour: après Match Point, Scarlett Johansson retrouve son réalisateur pour un rôle de fille inconséquente, refusant toute norme sociale face à Javier Bardem, d’un charme absolument dévastateur, amplifiant avec gourmandise ses capacités d’acteur. Entre eux, la bombe Pénélope Cruz, survient au milieu du récit seulement, mais avec quel panache et quel aplomb! Aussi superbe physiquement qu’actrice accomplie. Tous ces éléments réunis, sous le soleil et les décors naturels d’une Espagne fiévreuse, font de cet opus allenien un délicieux cru qui se déguste comme un bon vin.
ANNEE DE PRODUCTION 2008.



