Lilian Steiner est une psychiatre reconnue sur la place de Paris. Quand elle apprend la mort de Paula, une de ses patientes, elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre intra familial. Troublée, elle décide de mener elle même l’enquête…
Après le drame sensible sur les familles recomposées (Les Enfants des autres), la réalisatrice Rebecca Zlotowski fait son retour avec ce nouvel opus beaucoup plus difficile à « catégoriser ». Au croisement de plusieurs genres (autant thriller que drame, avec de francs passages de comédie), Vie Privée a du mal à se positionner dans un premier temps, semblant raconter son histoire de « psy enquêtrice » avec hésitation, se laissant presque guider par un scénario certes malicieux, mais qui navigue un peu à l’aveugle. Puis, l’on finit par rentrer progressivement dans ce mixage de situations par certains dialogues parfois ubuesques, souvent un peu « décalés ». La réalisation de Zlotowski souffre d’une certaine fadeur, principalement du au fait qu’elle se concentre excessivement sur son héroïne, sûrement au détriment des enjeux à tenir. Dans ce puzzle à déchiffrer, on y parle évidemment beaucoup de psychanalyse, de passé, de secrets familiaux, de relations toxiques, avec toutefois une invitée de marque: la fantaisie! Jamais on ne prend réellement au sérieux les soupçons de meurtre, sans doute parce que d’emblée, on sait que la résolution n’en sera pas l’élément le plus primordial.
Entièrement conçue pour le grand retour de Jodie Foster dans un film en français, vingt ans après sa participation de Un Long Dimanche de Fiançailles: l’actrice surdouée américaine parle notre langue quasiment sans faux pas et ce rôle de psy plein de dynamisme lui va si bien, entre pause intellectuelle et assurance dans son métier (malgré les erreurs qu’elle va commettre sans les voir). C’est bien sûr pour elle et la danse qu’elle mène que Vie Privée garde un intérêt certain. N’oublions pas ses partenaires de haut niveau: Auteuil (jouant son ex mari encore amoureux), Vincent Lacoste (son fils avec qui elle entretient des rapports compliqués) et Mathieu Amalric en veuf agressif. La présence discrète et bien trop brève de Virginie Efira aurait pu être mieux exploitée. Malgré des réserves, Vie Privée nous fait cadeau d’un moment de détente très acceptable.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



