La république de San Miguel, au début du XXe siècle, Maria O’Maley, fille d’un terroriste irlandais, devient la partenaire d’une autre Maria dans une revue de music hall. Elles obtiennent un énorme succès. L’amour les incite à épouser la cause d’un ardent révolutionnaire. Après sa mort, elles continuent le combat jusqu’au triomphe de la révolution. Elles peuvent désormais rejoindre Paris et reprendre leurs numéros…
Spécialisé dans un cinéma d’auteur exigeant et parfois austère (Le Feu Follet, Les Amants), Louis Malle prit le risque au mi temps des années 60 de changer un peu de genre et de s’aventurer du côté du divertissement populaire. Il s’adjoint les talents de scénariste du grand Jean Claude Carrière et ils concoctent un script à mi chemin entre le film d’aventures exotiques et la comédie musicale enlevée. Viva Maria! consacre les ambitions « grand public » de l’auteur d’Ascenseur pour l’Echafaud et laisse éclater une inventivité plutôt joyeuse. Du moins dans sa première partie: l’histoire de ces deux soubrettes de music hall, aussi pétulantes l’une que l’autre, entrainées malgré elle dans une Révolution latino américaine possède un grain de folie certain même si Malle aurait pu aller encore plus loin dans l’absurde et le burlesque. Le scénario n’a pas le souci de voler très haut, mais qu’importe les numéros musicaux bien rodés et la bonne humeur générale font le job. Dans la seconde partie, les choses se compliquent davantage: Malle peine à maintenir son rythme trépidant et aligne les longueurs, d’où un déficit d’intérêt au milieu du voyage. Les décors naturels d’Amérique du Sud et les costumes début de siècle dépaysent favorablement.
Mais ne soyons pas hypocrites et reconnaissons sans honte que le principal gros atout du film réside dans l’association de charme composée par le duo Jeanne Moreau/Brigitte Bardot. Toutes deux au sommet du box office à ce moment là, les actrices se complètent merveilleusement, l’une intello dérivant vers la comédie pour la première fois, l’autre tornade blonde déjà très habituée au genre léger. Malle les connaissait bien puisqu’il avait fait tourner Brigitte dans Vie Privée et Moreau avaient illuminé ses débuts de cinéaste (Les Amants et Ascenseur). Coquines, mutines, belles à croquer, elles donnent en prime de la voix et interprètent quelques titres dont le fameux Ah les Ptites Femmes de Paris. Viva Maria! se présente comme une parenthèse amusante pour Malle et un plaisant moment pour les spectateurs. Et surtout vive Jeanne et Brigitte!
ANNEE DE PRODUCTION 1965.



