WEEK END

Un couple de petits bourgeois, Roland Durand et sa femme Corinne, part en week end à la campagne. Ils envisagent tous deux l’adultère alors qu’ils se dirigent vers la côte, mais ils se retrouvent pris dans un grand embouteillage en cours de route. L’hilarité s’ensuit dans cette aventure dérivant vers toutes sortes de folies…

Avec Week End, le cinéma de Jean Luc Godard arrive à la fin d’un cycle: celui des films dits « accessibles », encore assez lisibles, et finalement populaires que furent A bout de Souffle, Le Mépris, Bande à Part ou Pierrot le Fou. Anticipant son désir de se politiser et proposer des oeuvres à l’esprit « Mao » en intégrant le groupe Dziga Vertov, Week End reste dans la veine des récits déstructurés cher à Godard, avec des inserts éloquents tels que « film égaré dans le cosmos » ou « film trouvé dans une décharge », s’avère visionnaire quant au mouvement révolutionnaire qui va secouer la France quelques mois plus tard en mai 68. Sous la forme d’une comédie dramatique féroce, Godard dénonce la société de consommation, la bourgeoisie et ses travers, il le fait avec un humour carnassier et n’épargne pas tous ces automobilistes pris comme des cons dans un embouteillage monstre. Suite de saynètes à la limite du surréalisme, le film semble n’avoir ni queue ni tête, se fichant de la logique narrative, ne caressant jamais le spectateur dans le sens du poil! L’auteur du Mépris exécute le travelling réputé le plus long de l’histoire du cinéma s’étalant sur une file de bagnoles les unes derrière les autres pendant quasiment neuf longues minutes, aboutissant à un carambolage meurtrier et sanglant. On peut y lire une sorte d’apocalypse générale, de chaos indescriptible dans lequel Godard semble nous indiquer qu’au bout de la route, point d’espoir pour personne! Ce tableau désabusé a tout du pamphlet anarchiste ressemblant bien aux préoccupations radicales de son auteur.

Tourné avec un confortable budget d’un million de franc, Week End retient l’attention par la présence de deux vedettes en devenir au milieu des années 60: Jean Yanne, trublion comique à la langue acerbe, et Mireille Darc, sortie de l’univers de Lautner et d’Audiard et choisie par Godard pour son « authentique image de blonde idiote ». Ils traversent le film, acceptant de jouer des séquences d’une violence irrationnelle et délirante, les humiliant au quotidien pour obtenir d’eux des personnages fortement antipathiques. Godard lui même définissait Week End comme méchant, grossier et rageur. On ne saurait trouver qualificatifs plus appropriés!

ANNEE DE PRODUCTION 1967.

 

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Déplaisant et apparemment foutraque, cette dénonciation en règle de la société de consommation vaut à Godard une oeuvre inclassable, politique, avec des défauts et un ton bien à elle. Darc et Yanne ont du mérite!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Déplaisant et apparemment foutraque, cette dénonciation en règle de la société de consommation vaut à Godard une oeuvre inclassable, politique, avec des défauts et un ton bien à elle. Darc et Yanne ont du mérite! WEEK END