Juin 1944, dans un château du bord de mer normand vit Jérôme avec sa charmante épouse, Marie. Excédée par le flegme de son époux, Marie ne désire qu’une seule chose : vivre à Paris. Pendant ce temps là, un résistant est parachuté dans la région, il rencontre la belle châtelaine et en tombe fou amoureux. Le château occupé par des allemands, dont un commandant sous le charme de Marie, sera le théâtre de ce quatuor amoureux.
Généralement, quand le cinéma parle de guerre et d’Occupation, on a bien entendu à faire à des oeuvres dramatiques et dénuées d’humour pour relater les sombres heures de 39/45. En 1965, un petit nouveau appelé Jean Paul Rappeneau prit le contre pied et situa l’intrigue de son premier long métrage dans la Normandie du débarquement et opta pour une comédie virevoltante et mouvementée. Genre dans lequel il excellera par la suite avec des films comme Les Mariés de l’an II ou Le Sauvage. Au programme de ce scénario un peu fou, de la fantaisie, de la bougeotte, des dialogues piquants et des situations ubuesques. La Vie de Château prend ses influences dans la comédie américaine de Hawks ou de Lubitsch avec son rythme trépidant et ses allures de marivaudage tonique, animés par des personnages en perpétuel mouvement. Rappeneau démontre un talent inné pour la sophistication, la légèreté, l’esprit et nous enivre telle une bulle de champagne avec cette pirouette distrayante détonnant dans le paysage comique français de l’époque, dominé par De Funès, Bourvil ou Fernandel. Un certain Claude Sautet, pas encore réalisateur, cosigne le scénario avec Rappeneau et concocte au passage un triangle amoureux composé d’une jolie blonde, de son époux chiffe molle et d’un parachutiste échappant aux Allemands.
En jeune héroïne délurée pleine de charme, Catherine Deneuve impose sa fraicheur dans la première vraie comédie de sa carrière, Rappeneau utilisant à merveille son fameux débit mitraillette qu’elle pourra parfaire dans Le Sauvage, dix ans plus tard avec le même réalisateur. Face à elle, Philippe Noiret joue le mari effacé, Henri Garcin le résistant amoureux et Pierre Brasseur le père de la belle, bourru et toujours à la diction si unique. Une distribution de choix donc, contribuant grandement à la réussite de ce premier travail d’un cinéaste populaire adoubé autant par la critique que par le public. Et qui obtint le Prix Louis Delluc.
ANNEE DE PRODUCTION 1965.



