LOST HIGHWAY

La vie de Fred Madison, saxophoniste dépressif, n’était déjà pas simple avant l’arrivée de mystérieuses cassettes vidéos à son domicile. Sur la première, Fred et sa femme Renée, peuvent voir leur habitation de l’extérieur. Sur une deuxième, ils se voient en plein sommeil, filmés par quelqu’un qui les observe…

En pleine possession de sa maitrise formelle et narrative, David Lynch a exploré le genre fantastique, le mélodrame, le thriller glauque et la science fiction, mais jamais jusqu’à Lost Highway, il n’avait signé un pur polar noir. Qui d’ailleurs en est un sans en être… comme souvent chez Lynch les frontières s’abolissent très vite, au gré d’un récit à la fois abstrait, tordu, plein de chausse trappes, dans lequel on aime se perdre et se laisser envahir par une multitude de questions. Sans obtenir de réponses claires évidemment ! Le cinéma de l’auteur de Blue Velvet est ainsi constitué par des séquences insaisissables, des éléments narratifs contradictoires et/ou complémentaires. Pendant quasiment 45 minutes, presque tout semble limpide… avant que l’on ne soit plongé dans un cauchemar éveillé (en même temps que son héros) et que les identités se troublent, les visages se transforment, l’intrigue se complexifie. Lynch fascine parce qu’il laisse libre cours à l’imagination galopante du spectateur enclin à se faire finalement son propre film, dans une tentative désespérée d’interpréter tel ou tel passage. Erreur: Il faut surtout se laisser porter et accepter de suivre la route sinueuse empruntée. Des thèmes comme le désir, la mort, l’inconscient surgissent de façon assez évidente, mais qu’en est il de tout le reste? Le voyage mental se nourrit toutefois de choses tangibles comme le double personnage d’Alice/Renée, une brune, une blonde, deux versants d’une même femme. Fatale comme chez Hitchcock bien sûr..

Les interprètes apportent leurs pierres à l’édifice comme Bill Pullman en saxophoniste perdu et enfermé pour un crime dont il n’a aucun souvenir de l’avoir commis. Était ce lui ou son double maléfique ? Patricia Arquette, sensuelle et envoûtante, s’emparent des deux rôles cités plus haut. Balthazar Getty, Robert Blake, Jack Nance et Robert Loggia tiennent les rôles secondaires avec autant d’implication. Encore plus mystérieuse, la seconde partie, fastidieuse, peut décourager ceux pour qui la  » cohérence » reste primordiale. Mais pour peu que l’on accepte ce trip schizophrénique, nul doute que Lynch met la barre haute. Avant de la sublimer définitivement avec Mulholland Drive.

ANNEE DE PRODUCTION 1997.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sur la BO envoûtante de Badalamenti, Lynch nous invite à un voyage mental parfois tordu mais bourré de thèmes forts et de passages sublimes. Patricia Arquette est magnifique. Laissez vous embarquer....

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