HOME

Au milieu d’une campagne calme et désertique s’étend à perte de vue une autoroute inactive, laissée à l’abandon depuis sa construction. Au bord du bitume, à quelques mètres seulement des barrières de sécurité, se trouve une maison isolée dans laquelle vit une famille. Les travaux vont reprendre et on annonce l’ouverture prochaine de l’autoroute à la circulation…

Réalisatrice d’origine franco suisse, Ursula Meier n’avait livré qu’un documentaire sur l’écrivain Robert Pinget avant de surprendre tout le monde avec ce tout premier long métrage, atypique sur bien des points. Home s’ouvre sur la chronique quotidienne d’une famille soudée (les parents, leurs deux filles adolescentes et leur petit garçon), vivant un bonheur apparent dans leur maison située en bordure d’une ancienne autoroute, fermée depuis plus de dix ans. Au bout de trente minutes, la fable d’abord parée d’accents comiques va se noircir peu à peu: une extension du tronçon permet la circulation continue de centaines d’automobiles juste sous leurs yeux et leurs oreilles! Le père ne songe qu’à déménager pour préserver leur santé mentale, la mère ne se voit vivre nulle part ailleurs! Le film devient alors la description de l’enfer: littéralement isolés du monde pour se protéger du bruit incessant, ils se cloitrent et s’emmurent vivants dans leur maison mausolée. Ursula Meier installe un climat malaisant, asphyxiant et sa caméra filme alors la famille en train de dépérir, se décomposer dans une ambiance étouffante. Ce récit original tend à poser des questions sur la menace d’une civilisation dangereuse pour elle même, sur la folie de ces personnages ancrés dans leur territoire et ne désirant plus en sortir. Comme une parabole ambigue sur le vieillissement des parents dans les yeux de leurs enfants témoins de leur dérive, Home peut également se voir comme un portrait familial dysfonctionnel à sa façon.

Moins de réussite du point de vue de la direction d’acteurs: on sent que la réalisatrice a laissé  le champ libre à son couple: ainsi Isabelle Huppert et Olivier Gourmet déploient un jeu par moments un peu hystérique (qui cadre, dans une moindre mesure, avec le comportement cinglé de ceux qui se ferment au monde). Ce qui ne les empêche ni l’un ni l’autre d’offrir de bonnes prestations. En tout cas, cette proposition de cinéma intrigue, bouscule, ne roule pas sur des sentiers balisés et nous entraine dans un style inattendu, aux confins du surréalisme. Un film très particulier.

ANNEE DE PRODUCTION 2008.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sacrément singulier, un premier long métrage de la suisse Ursula Meier étonnant de bout en bout par son script original. Isabelle Huppert et Olivier Gourmet, couple à la dérive. Très recommandable.

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