Wally Cook, journaliste au New Yorker, en manque de scoop se rend en plein Vermont pour couvrir l’histoire d’une jeune ouvrière, Hazel Flagg, soit disant empoisonnée au radium. Il espère éveiller une émotion populaire et s’attirer des milliers de lecteurs. En fait, il ignore que la jeune femme ne court aucun danger imminent et la ramène à New York pour qu’elle profite de la ville et croit il y vivre ses dernières semaines de vie. Il tombe amoureux d’elle…
Basé sur un script écrit par un des scénaristes stars de l’age d’Or d’Hollywood, Ben Hecht, La Joyeuse Suicidée a des allures de satire féroce des médias sans cesse à courir après des infos à sensation pour créer le buzz. La réalisation revient à William Wellmann dont la carrière à jusqu’à présent été plutôt consacrée à des drames lyriques et là, il change de voie avec cette « screwball comedy » au ton émiménent sympathique. Il n’a hélas pas la fantaisie d’un Cukor ou d’un Lubitsch et se contente d’enchainer les champs/contre champs en guise de mise en scène et ne dynamise pas une intrigue heureusement rythmée par de bonnes répliques et surtout des situations amusantes. Il trouve un compromis entre romantisme et comique et garde le cap pour dénoncer les faux semblants d’une presse avide de scoops et épingler le métier de journalisme. Il peut compter sur le concours d’un tandem rôdé à l’exercice, habitué à jouer les couples au départ séparés par un quiproquo avant que l’amour n’ai le dernier mot.
Fredric March semble un peu raide dans son interprétation face à Carole Lombard, bombe comique née, étincelante et que l’on découvre pour la seule fois dans un film en couleurs ! Son assurance fait merveille et sa présence illumine toutes les scènes dans lesquelles elle apparaît, à tel point que le film s’affadit quand elle n’est pas là ! Bien que l’on puisse émettre des réserves notables sur le traitement, La Joyeuse Suicidée atteint tout de même son objectif : séduire et divertir par un scénario admirablement pensé (au propos finalement très actuel) et ne démérite pas dans le genre de la comédie sentimentale débridée.
ANNEE DE PRODUCTION 1937



