En 1792, une blanchisseuse, Catherine Hubscher, et un militaire, le sergent Lefebvre, sauvent la vie du Comte de Neiperbg. Dix ans plus tard, Lefebvre et Catherine sont mariés. Lui est à présent maréchal de France et duc de Dantzig, elle est connue pour son franc-parler qui lui vaut le surnom de Madame Sans-Gêne.
Sur scène, la pièce de Victorien Sardou avait fait grand bruit en romançant la vie de Catherine Hubscher, une blanchisseuse devenue Duchesse, tout en conservant son franc parler, sa verve populaire et sa décontraction avec tous et toutes. Roger Richebé en réalise une adaptation clairement tournée vers la comédie, prenant aussi du coup de larges libertés avec l’Histoire. Ce Madame Sans Gêne ne propose ainsi pas d’exactitude sur l’époque de la Révolution et pas davantage sur les années Napoléon qui ont suivi, Richebé ayant obtenu un budget minimal et n’étant pas en mesure de recréer une reconstitution réellement satisfaisante. N’oublions pas à son crédit que le tournage eut lieu en pleine période d’Occupation (Hiver 1941). Le texte retient surtout les répliques les plus drôles, insistant sur le décalage entre la vie très modeste de son héroïne titre (au début du film) et le milieu bourgeois et guindé dans lequel elle se retrouve ensuite. Du côté du scénario, il faut reconnaitre qu’il a été écrit tout spécialement pour mettre en valeur son actrice vedette, et n’a strictement aucun relief quand il se « penche » sur les autres protagonistes.
Madame Sans Gêne est taillé sur mesure pour Arletty qui cannibalise totalement le film avec sa gouaille incomparable, sa voix haut perchée et son aisance phénoménale de jeu! Elle se trouvait alors entre les succès d’Hôtel du Nord et Les Visiteurs du Soir. Sauf qu’au contraire de ces deux titres, celui ci parait seulement tenir debout sur son seul statut. On peut toutefois souligner la prestation d’Albert Dieudonné campant un Napoléon fort convaincant (comme il l’avait fait dans la version d’Abel Gance) et gâté par des dialogues pétillants. A noter un dernier quart d’heure assez expédié où Richebé ne ‘contrôle » plus grand chose et sacrifiant même le temps de présence d’Arletty! Et quand elle n’est pas là, l’ennui pointe vite le bout de son nez!
ANNEE DE PRODUCTION 1941.



