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L’HOMME SANS MEMOIRE

Edward, à la suite d’un accident, a perdu la mémoire. Il retourne en Italie retrouver son épouse, qu’il ne reconnaît d’ailleurs pas. Et rapidement, son passé obscur, lié à des affaires de drogue et de meurtres sordides, le rattrape…

Parmi les cinéastes italiens qui ont beaucoup tourné entre les années 60 et 80, Duccio Tessari fut l’un de ceux dont on a du mal à cerner encore vraiment le style, s’étant éparpillé dans des genres très différents, allant du western au péplum, de la comédie au polar et ne creusant pas de sillon « personnel » dans son oeuvre. Après l’explosion du « giallo » porté à son incandescence par des maitres comme Bava ou Argento, Tessari souhaita lui aussi mettre en scène un de ces thrillers violents et un peu sanglants dont le public raffolait tant à l’époque. L’Homme sans Mémoire part sur d’assez bons rails: une intrigue mystérieuse autour d’un homme frappé d’amnésie va le conduire dans une sombre affaire de trafic de drogue, un certain sens du suspense et une atmosphère propice aux frissons (sans pour autant verser dans le fantastique). Hélas, Tessari réalise des séquences sans grand relief, oubliant de donner du nerf à ce polar « paresseux », l’esthétique relativement neutre ne venant pas non plus rehausser l’ensemble. Tessari ne restitue pas le feu sacré du vrai giallo malgré l’addition d’éléments propres au genre et L’Homme sans Mémoire ressemble davantage à un film policier anglais ou américain mineur. La réunion au scénario de deux noms fameux (Gastaldi et Infascelli) aurait pu aboutir à une histoire un brin plus prenante.

Au casting, la très jolie Senta Berger joue la victime parfaite face à Luc Meranda, un comédien français porté par le succès de plusieurs films de Sergio Martino, et dont le jeu assez raide convient tout à fait au personnage « égaré » qu’il tient ici. On a le plaisir de retrouver Umberto Orsini, le « troisième » amoureux de Rosalie de César et Rosalie, dans un rôle trouble. Il faut mentionner les décors naturels agréables de Portofino, le score musical de Gianni Ferrio, quelques flash backs habiles pour « expliquer » le puzzle mental du héros et un clin d’oeil presque incongru à Massacre à la Tronçonneuse, sorti la même année. S’il ne cause aucun ennui et ne mérite pas l’indifférence, ce « faux » giallo ne crée pas non plus d’enthousiasme délirant.

ANNEE DE PRODUCTION 1974.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Pas de très bonne facture, ce film policier lorgnant faussement vers le giallo a du mal à décoller vraiment. Quelques petites qualités ici ou là cependant. Un casting honnête.

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