1740. Après avoir tué une paysanne, Sir Hugo Baskerville rend son dernier souffle sous les crocs d’un chien monstrueux. Le prélude à une malédiction qui, depuis, pèse sur ses descendants, tous tués dans les mêmes circonstances. Près d’un siècle et demi plus tard, la mort de Sir Charles Baskerville fait de Sir Henry l’héritier de son vaste domaine en même temps qu’elle le promet à la rage vengeresse du chien. Sa seule chance d’échapper aux foudres de l’au-delà : Sherlock Holmes, le grand détective privé qui envoie son ami et partenaire le docteur Watson en éclaireur au manoir des Baskerville, convaincu qu’il n’y a rien de surnaturel dans cette affaire.
Suite aux succès énormes de Frankenstein s’est échappé et Le Cauchemar de Dracula, le studio britannique de la Hammer souhaita prolonger ce lien avec le public en adaptant cette fois un des romans policiers les plus connus de la littérature anglaise Le Chien des Baskerville de Sir Conan Doyle. Toujours assurée par Terence Fisher à la réalisation et à la photographie par James Asher, le film met en scène le personnage du détective Sherlock Holmes et de son célèbre acolyte, le Dr Watson, pour une intrigue partagée entre le thriller gothique et l’épouvante. Retranscrivant merveilleusement le paysage sauvage et inquiétant dépeint par Doyle, l’admirable travail plastique, au tempo toujours aussi entraînant, et capable, dans les scènes d’horreur, de créer l’effroi et l’angoisse: Fisher soigne toujours impeccablement l’esthétique de ses productions, tout en y apposant des thèmes récurrents: ici, en premier lieu, la lutte du Bien contre le Mal, personnifiée par Holmes qui ne se contente pas d’être seulement un policier plein de bon sens et de jugeote. Le brouillard sur la lande, les marécages dangereux, la nuit qui enveloppe les plans: des ingrédients idéaux pour entretenir une atmosphère fantastique. Même si le script n’est pas ultra palpitant (l’histoire de cette malédiction familiale s’avère un poil « poussive »), Le Chien des Baskerville ménage un petit suspense pas désagréable et bien entendu, quelques notes d’humour british bienvenues.
Holmes prend les traits de Peter Cushing, déjà de l’aventure de Frankenstein et Dracula, devenu un acteur incontournable de la Hammer, tandis que Christopher Lee endosse le rôle du noble menacé par la malédiction (une de ses rares prestations de « victime ») avec un flegme et une classe intactes. Comparé au roman, le chien du titre n’apparait réellement qu’à la toute fin, Fisher préférant le suggestion, et pourra décevoir ceux qui s’attendent à une créature démoniaque « surgie des enfers »: trucages d’époque et budget réduit oblige! Ne boudons pas pour autant notre plaisir: une enquête de Sherlock Holmes ça ne se refuse pas: Elémentaire mon cher Watson!
ANNEE DE PRODUCTION 1959.



