Janet, une jeune étudiante de 17 ans, ne cesse de faire d’affreux cauchemars. Il y a des années, à la sortie de l’enfance, elle a été témoin du meurtre de sa mère par son propre père. Depuis, elle a une psyché fragile et perturbée. Elle revient chez elle pour les vacances, soutenue par une infirmière, Grace, qui veille sur elle jour et nuit…
Admirable chef opérateur (Elephant Man, Les Innocents), le britannique Freddie Francis ne s’est pas juste cantonné à la photographie, il a également été l’auteur de quelques films, notamment sous la houlette de la firme Hammer dans la décennie 60. Comme en témoigne ce petit opus, à mi chemin entre le policier et le « fantastique ». Scénarisé par Jimmy Sangster, familier des intrigues à tiroirs, Nightmare réunit tous les composants inhérents au genre: à savoir mystère, angoisse, peur, machination. Cette fois, pas d’horreur gothique au menu, mais plutôt un condensé de thriller « paranoïaque » dans lequel une jeune fille est la proie de cauchemars récurrents suite à un trauma d’enfance. Mais sa « folie » n’est elle vraiment que le fruit de son imagination ou s’agit il d’un « plan » fomenté par ses proches? Comme chez Hitchcock et Psychose surtout, l’histoire se veut un brin tortueuse, amorce un virage inattendu en cours de route, étonne par la manière de ménager son suspense. Francis soigne évidemment l’aspect esthétique avec un noir et blanc très à propos, des images en clair obscur adaptées au sujet. Le but recherché? Nous faire perdre nos repères spatio temporels, nous guider sur de fausses pistes et ainsi, créer la surprise jusqu’au bout. Pas forcément de façon hyper habile, la réalisation pêche un brin par l’accumulation de coups de théâtre redondants et paradoxalement inefficaces.
Quant au casting, on y retrouve des noms oubliés aujourd’hui: la jeune Jennie Linden qui n’aura ensuite pas de carrière véritablement satisfaisante. David Knight, acteur anglais abonné aux rôles secondaires voire tertiaires et dont ce sera justement l’ultime apparition. Enfin, Moira Redmond, découverte deux ans plus tôt dans le Freud Passions secrètes de Huston, joue l’infirmière ambivalente avec une certaine dose de sadisme. Nightmare résonne comme une oeuvre aux qualités indéniables, typique des productions Hammer, assumant leur esprit série B. Ni négligeable ni indispensable.
ANNEE DE PRODUCTION 1964.



