Stella Claire, serveuse issue d’un milieu populaire, a une aventure avec un médecin bourgeois, Steven, et en tombe enceinte. Elle accouche d’une petite fille, Jenny, qu’elle devra élever seule, avec tout l’amour d’une mère célibataire. Adolescente, Jenny supporte de plus en plus mal la « vulgarité » de sa mère qui ne cesse de s’inquiéter pour son avenir… quitte à sacrifier son propre bonheur.
Essentiellement connu aux Etats Unis pour son activité prolifique à la télévision, John Erman a également fait quelques détours par la case cinéma, mais ses films n’ont quasiment jamais été exportés en France. Avec Stella, il livre une comédie dramatique sur les rapports à la fois tendres et conflictuels entre une mère extravagante et sa fille, courant sur près de 20 ans. Un récit écrit avec des notes de sensibilité, quelques grammes de légèreté et beaucoup de bons sentiments. Stella parle aussi des différences de classe sociale, d’éducation et trace le portrait d’une femme élevant seule son enfant à une époque (les années 70) où ce n’était ni très courant ni très bien vu. Le nombre excessif d’ellipses temporelles font du script un condensé de séquences pas toujours très harmonieuses, et la réalisation de Erman (de facture télévisuelle) n’enchante pas spécialement. Les points positifs se trouvent davantage dans l’évolution des personnages, dans la façon dont on assiste à l’éclosion d’une gamine en adolescente, puis en jeune adulte et le regard forcément empli d’amour de sa pétulante maman au caractère bien trempé. Erman verse un peu trop souvent dans le tire larmes avec une propension au mélodrame que l’on sent arriver à des kilomètres! On imagine aisément ce que le film aurait donné sous la forme d’une série à multiples épisodes, l’aspect « ramassé » du scénario coupant l’herbe sous le pied à l’émotion.
La raison d’être de Stella se niche dans l’interprétation enjouée et sincère de Bette Midler, actrice chanteuse de renom depuis The Rose où elle défonçait tout, ici elle joue plus en retrait (quoique), son tempérament volcanique au service de cette mère dévouée à sa progéniture éclipse largement ses autres partenaires, y compris John Goodman, l’acteur fétiche des Frères Cohen. La défaillance majeure du film vient hélas de la jeune comédienne incarnant Jenny, Trini Alvarado, fade et sans une once de charisme, ce qui handicape fortement le résultat final. Ni mauvaise ni réellement mémorable, cette oeuvre passée inaperçue à sa sortie passe un moment acceptable au moins le temps de sa projection.
ANNEE DE PRODUCTION 1990.



