THE INVITATION

Par une sombre nuit, Will est invité à un dîner chez son ex-femme et son nouveau mari. Au cours de la soirée, il s’aperçoit que ses hôtes ont d’inquiétantes intentions envers leurs invités.

Autrice de deux films américains relativement passés inaperçus, Girlfight et Jennifer’s Body, Karyn Kusama reprend une troisième fois les rênes d’un long métrage et cette fois, elle délivre un savoir faire qu’on ne lui soupçonnait pas. Quelque part entre un drame intimiste et un thriller psychologique pervers, The Invitation n’en finit pas de surprendre très favorablement, de son prologue au pitch à priori anodin (un couple est invité à une soirée chez des amis qu’ils n’ont pas revu depuis deux ans , à la suite d’un tragique accident) jusqu’à son dénouement brutal et malaisant. Karyn Kusama met sur pied un scénario diabolique, finement construit, où elle fait monter une tension progressive et où les détails les plus insignifiants laissent imaginer que le pire peut arriver à tout moment. Un flot de questions nous assaillent: quelle est cette mystérieuse soirée d’ex amis? Qui va annoncer quoi? quel danger potentiel court ceux qui y sont conviés? A l’aide d’effets discrets et ultra efficaces, Kusama injecte le poison du doute dans l’esprit du spectateur, témoin malgré lui de quelque chose qui se trame doucement sans avoir toutes les clefs pour savoir de quoi il s’agit. Mystérieux, dérangeant, paranoïaque, le film utilise le décor unique de la maison comme un huis clos « piège » se refermant sur ses hôtes. La question du deuil est soulevée sur différents points de vue et le thème de la secte tend à déployer sa structure narrative, tout en ménageant un suspense bien entretenu. L’ambigüité constante de l’intrigue alliée à une mise en scène parfaitement pensée amène The Invitation sur un chemin sinueux dans lequel il est délicieux de se laisser manipuler.

En tête d’affiche, Logan Marshall Green et Tammy Blanchard occupent les rôles les plus importants, en ex compagnons unis par une tragédie qu’ils n’ont pas du tout digéré de la même manière. Les autres (Michael Huisman, Lindsay Burdge, John Caroll Lynch, etc…) jouent leurs amis éveillant peu à peu des soupçons pesants sur leurs intentions. Le chef opérateur Bobby Shore privilégie les éclairages obscurs, l’utilisation maligne du hors champ et des arrières plans censés nous apporter -peut être- des éléments de réponses. Avec cette histoire étrange que n’aurait pas désavoué Agatha Christie, Karyn Kusama marche sur les plates bandes d’un Polanski période Le Locataire ou toutes proportions gardées d’un Lynch « accessible », car le propos sur les dérives sectaires n’a rien de fumeux, au contraire! Fort bizarrement, The Invitation n’a pas eu droit à une sortie française dans les salles: raison de plus pour ne pas louper le coche et le découvrir sans perdre une minute!

ANNEE DE PRODUCTION 2016.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une excellente surprise dans le genre thriller horrifique, livrée par Karyn Kusama, une réalisatrice jusque là moyenne. Malaisant, le script nous réserve de belles frayeurs. Fortement recommandable!

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