LE GRAND ALIBI

Londres. Jonathan Cooper, recherché pour le meurtre du mari de sa maitresse, Charlotte Inwood, vedette de music hall, demande de l’aide à Eve Gill, une amie apprentie comédienne. Eve le cache, se déguise, se place auprès de Charlotte comme habilleuse et tente de la démasquer. Mais elle part sur une fausse piste sans le savoir!

Et nous donc!! Sacré Hitchcock! Il revient en Angleterre juste après l’échec des Amants du Capricorne pour tourner ce policier bien de son cru, où avec un script un peu tiré par les cheveux, il se régale à nous manipuler du début à la fin. Mettant en place une réalisation maligne et surtout partant sur l’idée d’un « flash back » mensonger, Le Grand Alibi nous entraine dans une enquête policière où faux coupables, mensonges et dissimulations s’enchainent à qui mieux mieux! Il oppose aussi deux figures féminines, à la fois rivales amoureuses et rivales professionnelles (l’une veut devenir actrice, l’autre est déjà une vedette consacrée) et s’amuse à les filmer tout à la fois « ensemble et pourtant constamment séparées par leurs différences ». Reconnaissons qu’au niveau du simple suspense, l’auteur de Psychose nous a habitué à davantage de tension et de rebondissements, ici il se prend un peu trop au jeu des bavardages entre les personnages qui ont une fâcheuse tendance à commenter l’action en cours. Ce qui n’enlève rien aux idées de mise en scène, notamment la robe tâchée de sang ou la mise en abyme théâtrale (où le film trouvera d’ailleurs son dénouement) et dans la duplicité des rapports humains. Qui ment? Qui a intérêt à se cacher? Qui peut vraiment faire éclater la vérité? De manière globale et en dépit de légères longueurs, Le Grand Alibi réserve un moment plus que plaisant.

Hitchcock s’entoure d’un casting tout à fait admirable avec deux actrices hollywoodiennes de tout premier plan: Jane Wyman, qui fut l’héroîne de Johnny Belinda et du Poison, physique un peu passe partout face à la légende Marlène Dietrich que l’on ne présente plus en femme fatale évidemment. Lascive et éblouissante, elle entonne deux titres de son répertoire The Laziest Girl in Town et La Vie en Rose de Piaf. Du côté des hommes, nous retrouvons le distingué Michael Wilding qu’il avait dirigé précédemment dans Les Amants du Capricorne et le plus insignifiant Richard Todd. Parmi les oeuvres relativement mineures du maitre certes, on ne boude pas pour autant son plaisir et on se laisse tenter!

ANNEE DE PRODUCTION 1950.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un Hitchcock moyen, avec tout de même deux ou trois moments bien dans son style. Scénario sûrement trop alambiqué. Marlène Dietrich fait son show face à Jane Wyman, très bonne comédienne.

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