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PENSEES MORTELLES

Comment deux amies intimes, Joyce et Cynthia, vont peu a peu être amenées, au fil d’une enquête policière, a se détester après l’assassinat du mari de Joyce, homme parfaitement grossier?

Dans la série des thrillers assez oubliés et pourtant de très honnête facture, je demande Pensées Mortelles! Oeuvre de commande initiée par un certain Claude Kerven et reprise au pied levé par le scénariste et réalisateur américain Alan Rudolph, ce policier se déroule en partie dans un commissariat, où l’interrogatoire d’une jeune femme nous réserve le déroulé d’un script naviguant en eaux troubles. La narration s’articule autour de flash backs et plus elle avance, plus les éléments apportés sur la mort d’un mari violent apparaissent déformés, en tout cas biaisés par les déclarations de cette femme qui, au départ de l’enquête, n’est censée endosser le rôle que de simple témoin. Pour le spectateur, il faut constamment essayer de démêler le vrai du faux pour résoudre cette affaire tarabiscotée et judicieusement écrite: les rapports amicaux entre Joyce et Cynthia se teintent peu à peu de ressentiment, d’agressivité, et se font même menaçants. Quel est donc ce secret inavouable qu’elles n’osent ni l’une ni l’autre révéler? On pense dans sa construction à Garde à Vue de Claude Miller pour son côté huis clos étouffant, mais Pensées Mortelles étonne surtout par son étude psychologique affutée: aucun des trois protagonistes de cette histoire ne sont blancs comme neige et s’avèrent tous des personnages détestables et dénués de morale. Cependant, le film laisse planer un doute persistant sur qui a fait quoi et dans quel but? La réalisation de Rudolph manque peut être par instants de rigueur, toutefois le scénario maintient notre attention jusqu’à un dénouement surprenant, rebattant toutes les cartes du départ.

Bonne pioche pour le casting: Demi Moore (également productrice du projet) campe une femme insaisissable, aux déclarations tout à la fois convaincantes et de plus en plus troubles, amie sincère et épouse apparemment limpide dans ses sentiments et trouve juste après Ghost un rôle très intéressant à tenir, car nécessitant une ambivalence permanente. La moins connue Glenne Headly (aperçue chez Woody Allen et qui fut la petite amie de Dick Tracy) incarne l’épouse maltraitée au double visage avec aplomb. Enfin, à contre emploi, Bruce Willis rentre dans la peau de l’ignoble mari alcoolo lourdaud et surtout violent, loin de ses compositions fameuses d’homme d’action dans Piège de Cristal ou Armagueddon. N’omettons pas de citer Harvey Keitel , toujours aussi efficace, en flic pugnace menant cet interrogatoire sous haute tension. Réhabilitons donc Pensées Mortelles , injustement négligé à sa sortie et savourons ce petit polar aux indéniables mérites.

ANNEE DE PRODUCTION 1991.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Ce thriller tombé dans l'oubli nécessite une révision, surtout pour son script malin qui ne va jamais là où l'on croit et réserve son lot de surprises. Demi Moore y est excellente et Bruce Willis étonne en mari odieux.

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