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UNE AFFAIRE PRIVEE

Six mois se sont écoulés depuis la disparition de Rachel Siprien. Le détective privé François Manéri reprend l’affaire à la demande de la mère de la jeune femme. Au cours de ses investigations, cet homme de l’ombre, riche d’une ex-femme et d’une maîtresse au mari jaloux, va rencontrer une multitude de personnages hauts en couleur, proches de la disparue : Clarisse, sa meilleure amie avec qui il s’acoquine, son ex-petit ami, son beau-père, ses voisins… Mais qui est réellement Rachel ?

Quatre ans après avoir déjà tâté du « polar » avec Le Poulpe, Guillaume Nicloux se remet en selle pour resigner un autre film policier mais cette fois non plus sur un mode comique parodique, plutôt sur un versant sombre et poisseux. Une Affaire Privée raconte l’enquête d’un détective autour de la disparition d’une jeune fille, ses investigations dans son entourage, ses rencontres avec différentes personnes proches de la victime. Le script ouvre habilement des pistes pour nous entrainer sur des débuts de réponses rapidement contredites par des révélations tardives, Nicloux jouant au chat et à la souris avec nous, présente des protagonistes souvent louches et susceptibles d’être coupables de quelque chose. Les secrets les plus glauques sont déterrés, les indices s’accumulent et pourtant l’intrigue avance assez peu, le mystère reste entier car les masques de chacun refusent de tomber et l’affaire garde un aspect presque fantomatique. Entre les flash backs, les voix off enregistrées sur magnétophone, Nicloux prend le prétexte de la disparition pour mettre en scène des êtres désenchantés, rongés par les non dits et qui ne veulent surtout pas être mis au pied du mur. Quelques rares notes d’humour se glissent ça ou là (notamment dans les scènes situées dans le club échangiste), mais globalement l’ambiance navigue entre la sinistrose et le cauchemar éveillé.

Le rythme irrégulier de la narration (qui a tendance à s’éparpiller) se voit heureusement positivement rattrapé par une distribution éclectique et bien en place. A commencer par le détective désabusé incarné avec conviction par Thierry Lhermitte, trop peu vu dans un registre dramatique: il est parfait sans en faire trop. A ses côtés, Marion Cotillard trouve un beau personnage d’amie suffisamment trouble pour intriguer (et sans perdre une once de sensualité). Ensuite, on croise Jeanne Balibar, Samuel Le Bihan, Jean Pierre Darroussin, Aurore Clément, Robert Hirsch, Philippe Nahon, Niels Arestrup, ou Clovis Cornillac. Bref, du beau monde ajoutant une note plaisante à l’ensemble. Regrettons tout de même un dénouement un brin « too much » en dépit de son caractère inattendu… qui ne vient pas pour autant gâcher le plaisir pris devant cette enquête truffée de chausses trappes.

ANNEE DE PRODUCTION 2002.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une enquête déroutante et bien mystérieuse autour d'une disparition non élucidée. Nicloux s'empare du polar à sa manière et s'en sort bien. Thierry Lhermitte convainc sans mal en détective fatigué.

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