A VENDRE

Luigi Primo, un détective privé, se lance à la poursuite de France Robert, une femme qui a quitté sa famille, perdu peu à peu ses repères, partie à la découverte du monde et d’elle-même.

Sous la forme d’un « road movie » aux allures inhabituelles, A Vendre marque le second passage derrière la caméra de la réalisatrice Laetitia Masson que l’on avait repéré avec En Avoir ou Pas. Une héroïne fuyante « en cavale » à travers la France pour fuir sa « Champagne pouilleuse » et tenter de mener une existence plus satisfaisante ailleurs, un détective à ses trousses pour comprendre pourquoi elle a tout plaqué et croise la route de ceux et celles qui l’ont rencontré, deux solitudes parallèles épris de liberté et d’autonomie: une fuite en avant sûrement afin de mieux se « connaitre ». France vend son corps à des hommes de passage, moins par vénalité que pour se donner l’impression de « contrôler » les choses et ne pas céder trop vite à des sentiments faussés. Dans ce drame âpre, Masson suit ces deux itinéraires croisés et trace les portraits de deux âmes égarées qui finiront peut être par s’unir (ou pas!). Un point commun relie cet homme et cette femme: ils ne croient plus en l’amour et refusent à tout prix de souffrir à nouveau. A Vendre n’est pas à proprement parler un film sur la prostitution (malgré son titre), ce thème fait partie intégrante du script mais la cinéaste ne se cantonne pas à décrire le plus vieux métier du monde, ce sont davantage les personnages qui l’intéressent et beaucoup moins leurs actes. Comme elle le fera de nouveau (mais en échouant cette fois) avec La Repentie, elle confronte son héroïne avec son passé douloureux, son présent pas reluisant, et son futur incertain.

Sandrine Kiberlain illuminait déjà de son talent En Avoir ou Pas et Laetitia Masson lui offre l’occasion de briller de nouveau avec un rôle encore plus fort, plus trouble, plus complexe à jouer. Quasiment absente la première demie heure, elle ne quitte ensuite plus l’ensemble des plans et impose sa personnalité originale, son physique atypique de grande gazelle sans cesse en mouvement. Elle est entourée d’un casting inspiré parmi lesquels Sergio Castellito en détective solitaire (constamment au régime), Jean François Stévenin en homme abandonné, Chiara Mastroianni en pute pragmatique et puis Aurore Clément, Roschdy Zem, Stéphane Guillon, Samuel Le Bihan, Frédéric Pierrot. En filmant des instants de vie à la fois courts et très « parlants », A Vendre échappe aux codes du thriller basique et confirme que l’important n’est pas d’arriver au bout de son voyage, mais bel et bien d’évoluer et de grandir au cours du périple.

ANNEE DE PRODUCTION 1998.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Seconde oeuvre de Laetitia Masson, entre road movie et drame intime, avec des personnages forts et une écriture séduisante. Sandrine Kiberlain en est la pierre précieuse.

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