KARMA

Dans un village au nord de l’Espagne, Jeanne tente de reconstruire sa vie avec Daniel, qui ne connaît rien de son passé trouble. Un jour, Mateo, le filleul de Jeanne âgé de six ans, disparaît mystérieusement… Afin d’échapper à la police qui la soupçonne rapidement, Jeanne se réfugie en France dans la communauté où elle est née et qu’elle a fuie quelques années auparavant. Daniel ne croit pas à la culpabilité de la femme qu’il aime et va tout faire pour la retrouver avant la police….

Karma marque le 9ème passage derrière la caméra de l’acteur réalisateur Guillaume Canet et se niche entre deux genres: le drame psychologique et le thriller. En abordant le sujet fort intéressant des sectes et de ses méfaits, Canet trouve un propos audacieux à fouiller et coécrit son scénario avec Simon Jacquet, déjà auteur de Bac Nord et L’Amour Ouf. En apparence un peu rocambolesque, cette histoire d’héroïne au lourd passé et aux traumas enfouis trace finalement une route agréable à suivre malgré l’intrigue parsemée d’emprise psychologique, d’abus sexuels, d’inceste et de violence mentale. On sait depuis Ne le dis à Personne que Canet cultive un talent certain de conteur et ne se débrouille pas trop mal non plus avec sa caméra. Cette fois, sa réalisation appuie ses effets dramatiques à outrance et cherche trop à démontrer ce qu’il a à dire, ainsi il enlève une part de mystère à l’ensemble et nous plonge sans doute trop vite dans l’ambiance particulièrement malsaine de ce « couvent » abritant une communauté religieuse pas très nette. Il articule le récit autour de Jeanne que l’on comprend victime d’une fascination irraisonnée pour ce lieu où elle a laissé les « siens ». Avant de petit à petit voir sa conscience se réveiller et entrer en rébellion. Elle affronte alors le gourou de la secte dans un seul but: survivre et renaitre à nouveau…

Canet a avoué avoir écrit le rôle de Jeanne en cadeau à son ex compagne, Marion Cotillard, et cette partition idéale pour elle (elle pleure cependant beaucoup!) suscite autant d’attente que de satisfaction à l’arrivée. Pas de débat sur le fait que l’actrice de La Môme apporte sa force à ce personnage blessé, pétri de douleurs intimes. Toutefois, la véritable grande performance du film revient à Denis Ménochet, saisissant en inquiétant « maitre » religieux, capable du pire sans sourciller. Il gagne encore en « épaisseur » au sens propre comme au sens figuré. Parmi les seconds rôles, saluons deux excellentes comédiennes: Brigitte Catillon et Dominique Frot dans son ultime tour de piste avant sa regrettable disparition en août dernier. En dépit d’une mise en scène décevante, Karma affiche assez d’atouts dans sa manche et ne provoque pas d’ennui. C’est déjà pas si mal!

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Guillaume Canet traite du thème des sectes et de ses dérives à travers un script plaisant à suivre. Mais pêche par une mise en scène appuyée. Marion Cotillard assure face à un exceptionnel Denis Ménochet.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Latest articles

Guillaume Canet traite du thème des sectes et de ses dérives à travers un script plaisant à suivre. Mais pêche par une mise en scène appuyée. Marion Cotillard assure face à un exceptionnel Denis Ménochet. KARMA