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L’UNE CHANTE L’AUTRE PAS

Deux jeunes femmes vivent à Paris en 1962. Pauline (17 ans), étudiante, rêve de quitter sa famille pour devenir chanteuse. Suzanne (22 ans) s’occupe de ses deux enfants et fait face au drame du suicide de leur père. La vie les sépare ; chacune vit son combat de femme. Pauline devient chanteuse dans un groupe militant et itinérant après avoir vécu une union difficile en Iran. Suzanne sort peu à peu de sa misère et travaille au Planning familial…

Après des années passées à Hollywood auprès de Jacques Demy, Agnès Varda revient en France au mi temps de la décennie 70 et constate le vent de changement radical qui souffle dans la société, et notamment au niveau du droit des femmes. Cela lui donne l’idée de ce film où elle décrit le combat gagné pour le droit à l’avortement, puis l’accès à la contraception pour toutes. Avoir un enfant ou pas, avoir le choix et surtout ne plus risquer d’être inquiété par la loi. En féministe convaincue, elle raconte le récit d’une amitié féminine très forte s’étalant sur plus de quinze ans, les confidences, les peines de coeur, les joies de deux copines restant proches y compris quand elles sont séparées géographiquement. Ainsi, l’action se déroule de Paris à Hyères, d’Amsterdam à Téhéran et prend des allures de voyage initiatique. Varda fait passer les messages des revendications féminines par le biais des chansons pour alléger le propos et ne pas rendre le tout trop ouvertement politique. La première femme, c’est Pomme, rousse enjouée et rebelle, chanteuse donc, amoureuse puis plus tard mère. La seconde c’est Suzanne, femme solitaire élevant ses deux enfants seule, se reconstruisant après un deuil douloureux. L’énergie de la réalisation, la bonne humeur, la simplicité de l’écriture sent le travail collectif effectué avec passion et gaieté et aboutit à un film tendre et très attachant.

La belle idée de la cinéaste de Cléo de 5 à 7 demeure la réunion de deux comédiennes en apparence différentes et qui se complètent là avec une évidente complicité. Valérie Mairesse joue très naturellement Pomme, luttant avec force pour son indépendance et sa liberté face à des parents autoritaires dont elle se défait rapidement. Thérése Liotard incarne Suzanne avec une belle force tranquille, laissant paraitre aussi ses fêlures intérieures avec subtilité. D’aucuns trouveront peut être aujourd’hui le ton naïf ou passablement « bisounours », pourtant L’une Chante l’autre Pas possède l’immense qualité d’être sincère. Quand on sort de ce très joli film, on ne peut s’empêcher de penser à la citation de Simone de Beauvoir: « On ne nait pas femme. On le devient! ».

ANNEE DE PRODUCTION 1976.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une très jolie histoire d'amitié dans la France des mouvements féministes. Agnès Varda écrit et signe un film plein de tendresse, solidaire, attachant. Valérie Mairesse et Thérése Liotard amies touchantes.

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