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MAIGRET TEND UN PIEGE

En plein coeur du quartier du Marais à Paris, quatre femmes sont tour à tour assassinées à coups de couteau. Le commissaire Maigret décide de tendre un piège au tueur. Il fait arrêter un faux coupable afin d’obliger le meurtrier à se manifester lors de la reconstitution du dernier crime. Une jeune femme, Yvonne Maurin, présente sur les lieux, intéresse fortement la police par son attitude étrange…

Il s’agit du tout premier Maigret au cinéma joué par l’incomparable Jean Gabin, se fondant idéalement dans la peau du commissaire et enquêtant ici sur un mystérieux tueur de femmes. D’après le livre de Georges Simenon, comme plus tard Maigret et l’Affaire Saint Fiacre, cet opus sombre et à l’écriture bien charpentée revient à un des papas de la « Qualité Française », Jean Delannoy. Il noue une intrigue plus psychologique que spécialement spectaculaire et nous montre une enquête en train de se faire, avec ses rebondissements, ses fausses pistes, les techniques policières pour coincer le coupable. Allant de surprises en révélations, le spectateur n’est pas en reste niveau émotions fortes et Delannoy parvient très intelligemment à installer un climat angoissant où chaque visage croisé pourrait être celui de l’assassin. Pour agrémenter le tout, Michel Audiard a concocté des dialogues cousus main à l’ironie mordante et parle ouvertement (pour l’époque, c’est gonflé) d’impuissance masculine, de mariage non consommé, d’emprise maternelle et même de façon déguisée d’homosexualité refoulée. Maigret tend un piège dessine en creux les zones d’ombres d’une bourgeoisie peu reluisante, cachant bien des secrets inavouables. Jusqu’ à son terme, le film réserve son quota de coups de théâtre, tout en restant profondément crédible et réaliste.

Inutile de préciser combien Gabin coche toutes les cases du célèbre commissaire à la pipe sans cesse rivée au bec: débonnaire, pugnace, malin, l’oeil aux aguets et tissant sa toile autour du coupable pour mieux faire éclater la vérité. Son Maigret demeure sur grand écran le meilleur de tous et de loin! A ses côtés, une somptueuse distribution: Jean Desailly, connu depuis La Symphonie Pastorale et qui sera le mari infidèle du sublime La Peau Douce, incarne un architecte décorateur secret et troublant, Lucienne Bogaert en mère castratrice terrifiante, Lino Ventura dans un petit rôle un peu plus discret. Et surtout la grande Annie Girardot, dont c’est seulement le 5e film, et que l’on découvre vibrante, capable de toutes les nuances possibles, tantôt épouse victime et femme calculatrice: un joli tour de force apportant beaucoup à la réussite du film. Du cinéma français de belle tenue et n’en déplaise à Truffaut qui fustigeait le style Delannoy, sur ce coup là, il était à côté de la plaque!

ANNEE DE PRODUCTION 1958.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Peut être le meilleur Maigret adapté de Simenon! Script palpitant, bonne réalisation du vétéran Jean Delannoy et un tandem Gabin/Girardot mémorable!

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