ALL I DESIRE

Lily Murdoch, une artiste de théâtre célèbre mais dans une situation professionnelle critique, qui a délaissé sa famille pour les planches, retourne, à l’invitation de sa fille, dans sa ville d’origine. Son arrivée déchaîne les passions et les règlements de comptes.

Sous contrat avec le studio Universal à Hollywood, Douglas Sirk a entamé sa série de beaux et puissants mélodrames avec quelques uns restés moins connus et mémorables que Mirage de la vie ou Tout ce que le ciel permet. All I Desire porte pourtant déjà en lui toutes les thématiques de son cinéma: une héroîne déchirée entre passion et raison, la lutte contre les préjugés, la tristesse d’une vie détruite et le sentiment d’avoir perdu le sens de son existence. C’est tout à fait ce qui tourmente sa Lily Murdoch, actrice de théâtre déchue, qui saisit l’opportunité de revenir auprès de ses enfants et d’un mari qu’elle avait quitté des années avant pour tenter de démarrer une nouvelle vie et d’obtenir le pardon des siens. Sirk charge son script d’un sentimentalisme forcené sans y mettre la subtilité de ses futurs grands chefs d’oeuvres, cependant All I Desire comporte malgré tout de jolis moments d’émotion (la séquence de confession de Lily à son jeune fils) et émeut par la simplicité de son déroulement. Contrairement à Demain est un autre jour où la femme devait sacrifier son bonheur dans un final déchirant, là elle se bat bec et ongles pour retrouver la place qui fut la sienne et Sirk opte pour une conclusion positive. Sans doute trop conventionnelle, cette happy end fait perdre quelques points de crédibilité à l’ensemble par son aspect policé.

Sirk retrouve son actrice de Demain est un autre jour, la magnifique Barbara Stanwyck, alors dans le creux de la vague d’une carrière démarrée très jeune, juste à l’arrivée du parlant. Elle assume fièrement sa quarantaine bien sonnée, jouant ce personnage blessé et toujours combative, et apporte une réelle épaisseur au scénario. Elle éclipse ses partenaires dont le plutôt faiblard Richard Carlson. Elle croise aussi la route d’une autre comédienne, Maureen O’Sullivan, ex Jane de Tarzan, incarnant sa rivale compréhensive et lucide. Ce joli mélodrame, au noir et blanc admirable, n’atteint pas les sommets sublimes de Mirage de la Vie pour ne citer que lui, il n’en demeure pas moins une oeuvre fort plaisante à suivre et son portrait féminin attendrissant peut toucher nos cordes sensibles.

ANNEE DE PRODUCTION 1953.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un mélodrame honnête mais un peu "facile" de Douglas Sirk où il évoque déjà ses futurs grands thèmes. Barbara Stanwyck justifie à elle seule le détour.

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