CETTE FEMME LA

Le meurtre d’une « suicidée » n’efface pas les regrets d’une femme flic endeuillée. Tous les quatre ans, le passé la rattrape. Tous les quatre ans, cette femme-là a très peur. Peur à en crever. Car dans ses rêves commence la réalité…

Quelque part situé entre un polar nébuleux et un drame psychologique pesant, Cette Femme là constitue un des jalons positifs de la carrière plutôt fournie du réalisateur français Guillaume Nicloux. L’histoire de cette femme flic dépressive, « survivante » depuis la mort de son fils et victime de terribles cauchemars (du moins quand elle parvient à dormir) se mêle à une enquête pas très net d’une pendue retrouvée dans un bois. Double ration de glauque pour ce scénario n’hésitant pas à cumuler les couches « mystérieuses », une sorte de long puzzle (à l’instar de ceux que l’héroïne tente de monter pour tromper son angoisse) avec des accents de Lynch assez bien foutus. En tout cas, pour du policier français, Cette Femme Là dénote, intrigue, déconcerte avec un sens aigu de la mise en scène. Nicloux articule les séquences de manière à brouiller les pistes entre les cauchemars terrifiants et la réalité tout aussi flippante. Pour un peu, on se croirait même dans un film fantastique avec tous ces fantômes du passé venant hanter ce beau personnage féminin totalement à la dérive. Comme souvent dans ce type d’univers, toutes les réponses ne nous sont pas amenées sur un plateau d’argent, des éléments tangibles (le ciré, la chaussure manquante de la victime) n’auront pas de « résolution » finale, et peu importe: Nicloux veut d’abord nous faire rentrer dans la tête de son personnage fissuré, sonder ses abimes intérieurs.

L’argument plein de noirceur se voit cependant presque relégué en arrière plan par la prestation de Josiane Balasko. Capable de ne pas jouer la rigolote de service depuis Trop Belle pour toi, elle explore ici des recoins insoupçonnés de son large registre et compose une femme rongée par les fêlures et prête à passer de l’autre côté à chaque instant. Visage mutique, cheveux longs, look passe partout, regard d’une insondable tristesse, elle donne à Nicloux le meilleur d’elle même. A ses côtés, le reste du casting existe à peine: Eric Caravaca, Aurélien Recoing, Thierry Lhermitte, Valérie Donzelli. Seul, Frédéric Pierrot arrive en quelques scènes à apporter un peu de douceur dans une ambiance dure et déprimante. Après Une Affaire privée, Nicloux confirme son goût pour les polars bien noirs.

ANNEE DE PRODUCTION 2003.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Gros point positif: Josiane Balasko en flic défaite et prête à basculer. Le scénario et la réalisation de Nicloux adopte les codes du polar sombre avec une belle maitrise.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Gros point positif: Josiane Balasko en flic défaite et prête à basculer. Le scénario et la réalisation de Nicloux adopte les codes du polar sombre avec une belle maitrise. CETTE FEMME LA