Tom Connors, emprisonné a Sing Sing pour faux témoignage, est autorisé à rendre visite à son amie Fay, victime d’un grave accident d’automobile. Il découvre chez elle Joe Finn, responsable de sa peine. Une bagarre éclate, Fay tue Joe et Tom s’échappe.
Les débuts du parlant furent riches en films policiers et en intrigues mêlant malfrats, flics et femmes fatales. En 1932, sortait le classique inusable Scarface d’Howard Hawks qui allait faire naitre toute une série d’oeuvres sur le milieu de la pègre et de ses dérives. Mettant en scène un hors la loi récidiviste coriace, 20 000 ans sous les verrous ne cherche pas à glorifier ses actes ni à excuser le crime ou choquer la bonne morale américaine. Il s’agit ici de faire un quasi documentaire sur la prison de Sing Sing et ses conditions de détention, inspiré des mémoires de Lewis Lawes, l’ancien patron du fameux pénitencier. Le débutant Michael Curtiz, qui fera ensuite de grandes choses dans le western ou le genre aventures, se charge de la mise en scène: un peu timide, sans style particulier, mais n’hésitant toutefois pas à filmer la violence frontale, justement comme dans Scarface. Ainsi, on voit des flics se faire descendre, des gangsters sans pitié, une tentative d’évasion tragique: du renouveau dans le polar d’époque! Curtiz a eu droit de tourner la plupart des scènes entre les murs de la vraie prison, ce qui ajoute un réalisme étonnant. Soulignons aussi un plaidoyer contre la peine de mort (certes pas très développé) qui a le mérite d’exister dans ce cinéma du pré Code Hays.
Ecrit au départ pour James Cagney qui se coltinait tous les rôles de gros durs (L’Ennemi Public, L’Enfer est à lui), 20 000 ans sous les verrous revient en fin de compte à Spencer Tracy, autre légende d’Hollywood, à l’aise dans ce type d’emplois virils et humains à la fois. Dans le rôle très secondaire de sa fiancée, on retrouve Bette Davis, alors à l’orée de sa belle carrière, un peu sacrifiée dans un scénario qui ne lui accorde que trois scènes de présence seulement. Le « film de prisons » devient presque un genre à part entière dans le cinéma américain et celui ci en pose les bases de manière assez juste, évoquant autant la fermeté du milieu carcéral, la justice inflexible et la réintégration envisageable des détenus.
ANNEE DE PRODUCTION 1932.



