Un monstre d’une taille gigantesque, enfanté par des produits toxiques, sème la terreur et la mort dans les forêts du Maine. Un médecin et sa femme se rendent sur place pour découvrir l’origine du problème…
Quand l’écologie et les problèmes environnementaux rentrent en collision avec le cinéma d’épouvante, le genre se dote de quelque sujets originaux avec des résultats pas toujours convaincants. Le réalisateur de Un Crime dans la tête et Le Prisonnier d’Alcatraz, John Frankenheimer, délaisse pour un temps le polar et signe donc ce Prophecy: sorte de survival où un groupe de personnages doivent échapper à l’assaut d’un horrible monstre (croisement entre un ours déchainé irradié et une créature mythologique assoiffée de sang) dans les décors forestiers naturels du Maine. Le script met à jour une pollution à grande échelle des eaux du coin par du mercure, aboutissant à la naissance de bébés mutants. La longue première partie (plus de 45 minutes) expose les enjeux dans d’interminables scènes bavardes et enfin, l’action advient avec l’arrivée du fameux monstre. Les trucages ne sont pas toujours très crédibles, mais Frankenheimer installe un certain suspense, suivant la voie toute tracée par des films comme Les Dents de la Mer ou Piranhas dans le domaine de la terreur animale. L’opposition entre la nature et l’industrie se retrouve au coeur du propos et fait presque dériver le genre vers le film catastrophe, maladroitement amené.
Placée en tête de casting dans un rôle pourtant « décoratif », la comédienne Talia Shire, qui venait de cartonner au box office avec Le Parrain et surtout Rocky se retrouve là, sans avoir grand chose à jouer, mais pallie à l’absence de vraies stars. Ses partenaires masculins, comme Robert Foxworth, manquent cruellement d’épaisseur pour imprimer durablement la pellicule. La tension monte d’un cran dans l’ultime quart d’heure, malheureusement « handicapé » par la destruction plutôt ridicule du colosse sanguinaire, comme si Frankenheimer avait rapidement voulu boucler son film et le pousser aux oubliettes. Bien sûr dans un style identique, on a vu pire mais Prophecy reste un produit relativement médiocre.
ANNEE DE PRODUCTION 1979.



