Juste à la veille de la seconde guerre mondiale, Marie, une jeune adolescente de 12 ans vient passer ses vacances d’ été chez sa grand mère dans l’Aveyron avec ses parents. Elle tombe sous le charme du nouveau jeune médecin du village qui, lui, ne songe qu’à séduire sa mère…
Après Lumière, la seconde incursion de Jeanne Moreau derrière la caméra est une chronique familiale tendre sur les premiers émois d’une toute jeune fille. Plus douce qu’amère, cette œuvre sûrement un peu autobiographique se situe juste avant les soubresauts de la guerre dans le dernier été 39, avant la fin de l’insouciance en quelque sorte. L’héroïne découvre les changements de son corps, les émotions amoureuses de son cœur pour la première fois, tout ce qui va modifier son existence pour longtemps. Le script, un peu commun, s’attache à décrire les relations familiales dans le cadre paisible de la France profonde, le fossé générationnel creusé entre « enfants » et adultes et la vie qui s’écoule sans prendre totalement la mesure des événements mondiaux. Jeanne Moreau prête sa voix inimitable de narratrice pour conter les différents intermèdes du film, comme une maman qui nous lirait une histoire au coin du feu. Avec sensibilité et un charme désuet non négligeable, une facture globale proche d’un simple « téléfilm ».
Si le film tient beaucoup sur les épaules de la jeune Laetitia Chauveau, dont ce sera le seul rôle à l’écran, le casting s’enrichit d’illustres noms, alors au début de leur carrière, comme Jacques Weber, Francis Huster, Jean François Balmer ou encore Michel Blanc. Simone Signoret campe la mamie attendrissante et à l’écoute de sa petite fille avec son naturel touchant. Ce récit initiatique sur la puberté n’a rien de révolutionnaire en soi, il se suit sans déplaisir mais n’a pas incité l’actrice de Jules et Jim à réitérer l’expérience de la mise en scène.
ANNEE DE PRODUCTION 1979.



