Morgane, fort jolie sorcière facétieuse, s’est prise de passion pour un naïf inventeur américain, Michael. A peine arrive en France, Michael est envoute par Morgane. Il va être pris en otage dans la lutte sans merci que se mènent les sorciers du bien et les sorciers du mal.
Pour pérenniser l’attirance du public dans les salles pour venir admirer Vanessa Paradis depuis sa révélation dans Noce Blanche, le producteur Christian Fechner a souhaité distribuer la jeune actrice dans un genre peu souvent abordé en France: la comédie romantique ET fantastique. Soit une histoire de charmante sorcière qui n’est pas censée tomber amoureuse et qui succombe malgré tout, menacée en prime par un méchant cousin sorcier aussi mais du côté du Mal. Bref, un pitch digne d’une production Disney avec quelques pincées de magie, une héroïne adorable, et une mièvrerie générale d’une confondante bêtise. Pour ne rien arranger, Fechner confie la réalisation à René Manzor, déjà auteur du raté Le Passage avec Alain Delon (car friand de surnaturel et de fantastique) et qui semble se ficher complètement de son « intrigue », laissant partir sa « mise en scène » à vau l’au. Il n’essaie même pas de tirer la romance vers quelque chose de moins convenu et cède aux pires poncifs du romantisme le plus neuneu.
Outre Vanessa donc, effectivement toujours aussi cinégénique et qui tente de jouer à peu près bien la magicienne au grand coeur, le casting convoque deux têtes d’affiche également bankables: Jeanne Moreau en grand mère compatissante (qui s’ennuie autant que nous), et Jean Réno (encore plus mauvais que d’habitude dans un rôle de méchant qu’il surjoue péniblement). Le héros principal est tenu par un américain, Gil Belows, physique attractif (pour être un prince charmant, c’est quand même le minimum), dépourvu hélas de toute capacité à jouer son personnage. Devant un tel gâchis de pellicule, on se prend à rêver d’un film qui aurait réuni Vanessa et Jeanne, comme sur la scène du Palais des Festivals de Cannes: un vrai film magique qui aurait pu nous embarquer au paradis celui ci!
ANNEE DE PRODUCTION 1997.



