Paris, les années 20. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler et à créer depuis la mort de son épouse Irène. Ce qui désespère Armand, son ami et marchand d’art. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa défunte par l’intermédiaire d’une voyante, Suzanne, qui s’avère « simuler » ses dons…
Depuis Les Apprentis, formidable comédie douce amère sur deux potes chômeurs et loosers, le cinéma de Pierre Salvadori nous a souvent enchanté par sa faculté à mélanger les genres, à incorporer un peu de gravité dans des situations drôlissimes, et à décrire des personnages avec une grande tendresse. Avec ce 11e long métrage, il nous revient en très bonne forme, galvanisé par l’idée que lui ont soufflé les deux cinéastes Rebecca Zlotowski et Robin Campilo. A savoir une comédie romantique juste après la première guerre mondiale dans le Paris des fêtes foraines et des marchands de tableaux. Une fantaisie amoureuse à quatre personnages où il peut jouer à loisir avec le mensonge (un des thèmes récurrents de son parcours), les faux semblants, la séduction et le désir et s’amuse à mêler les sentiments (feints ou véritables) à la duperie. Excellant comme toujours dans son écriture, Salvadori atteint des accents très littéraires (ce qui n’est pas péjoratif au contraire!), imagine des rebondissements en série pour alimenter son histoire tout à fait folle. En illusionniste de la caméra, il soigne également son esthétique avec une reconstitution des années 20 plutôt sympathique (même si la majorité des scènes ont lieu en intérieur). Il confirme aussi son penchant très net pour le romantisme et la croyance en l’amour fou, tout en s’interrogeant aussi sur la vraie valeur du coup de foudre, sur ce que peut se cacher deux êtres tout en étant un couple heureux.
Une belle brochette de comédiens ont répondu présent et avec une bonne humeur visible et communicative: en premier lieu, Pio Marmai, encore une fois tout à fait libre et sans filet dans son jeu, Anais Demoustier dont on sait la capacité à passer d’une comédie légère à un drame puissant fait ici le grand écart en fausse voyante mais vraie amoureuse. Gilles Lellouche campe un marchand d’art peu étouffé par les scrupules et enfin Vimala Pons, lumineuse, entre dans la peau de l’épouse décédée resuscitée par la magie des flash backs (bien amenés). Cet univers espiègle tend à nous faire croire à des choses parfois impossibles, sans se prendre au sérieux et en gardant le cap d’un récit surprenant. Un très joli moment de cinéma.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



