INDISCRET

Anna, une très jolie comédienne au faîte de sa gloire tombe amoureuse de Philip, un séduisant fonctionnaire de l’OTAN. Amoureux mais célibataire endurci, il lui fait croire qu’il a une épouse qui refuse l’idée du divorce.

Réalisateur heureux et fêté de Chantons sous la pluie entre autres, Stanley Donen a également mis son talent à profit pour servir le genre de la comédie sentimentale sophistiquée. Tiré d’une pièce de théâtre de Norman Krasna, Kind Sir, Indiscret s’inscrit dans l’esprit des anciennes comédies piquantes autour d’un marivaudage amoureux plein de charme et de bons sentiments. Donen détourne les codes de la censure imposées par le Code Hays à propos de l’adultère et du divorce et dénonce au passage une certaine hypocrisie morale. Le personnage du financier séduisant mentant sur son statut de célibataire pour éviter d’être « pressé » au mariage devient bien sûr un argument comique occasionnant duperie, petits mensonges, quiproquos, mais bien avant cela, Indiscret se présente tout d’abord comme un vrai film d’amour romantique. La rencontre entre ces deux âmes, visiblement faites l’une pour l’autre, donne lieu à une intrigue certes assez mince et un peu inconsistante, mais agréable à suivre malgré tout. Donen situe l’action à Londres mais ne filme quasiment pas la ville, restant confiné dans des décors d’appartements et de restaurants somptueux, ce qui renforce la  théâtralité de l’ensemble. Ca bavarde beaucoup, ca se lance des regards plein de désirs, ca roucoule et ca fait du bien à tous ceux et celles qui croient encore au pouvoir de l’amour.

Ne nous mentons pas, Indiscret brille essentiellement par la réunion tant espérée du couple des Enchainés d’Hitchcock. Cary Grant, classe comme rarement, joue la séduction raffinée mêlée à une petite duplicité teintée d’ironie face à la toujours exceptionnelle Ingrid Bergman, passant avec une aisance folle de la femme éprise à la quasi furie vindicative quand elle apprend que son « prince charmant » a osé se prétendre marié. Le couple fonctionne très bien, même s’il ne pallie pas complètement aux petites faiblesses d’une mise en scène assez statique. On peut néanmoins goûter à cette comédie comme on prendrait plaisir à siroter un rafraichissement lors d’une journée torride.

ANNEE DE PRODUCTION 1958.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Retrouvailles entre Cary Grant et Ingrid Bergman sous la houlette de Stanley Donen. La comédie n'est pas extraordinaire ni la mise en scène d'ailleurs, mais on se laisse emporter par un charme désuet bien présent.

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