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L’AUBERGE DU SIXIEME BONHEUR

Une gouvernante britannique réalise un jour son rêve de devenir missionnaire en Chine. Sur place, elle gagne l’estime de ceux qui l’accueillent et l’emploient car ses connaissances sur le pays, ses coutumes et ses habitants forcent le respect. Lorsque se produit l’invasion japonaise, elle accompagne alors des orphelins à travers le pays pour les protéger.

Dans le genre « grande fresque historique » édifiante mise sur pied par un gros studio hollywoodien, L’Auberge du Sixième Bonheur raconte l’histoire vraie de Gladys Aylward, une gouvernante anglaise partie seule en Chine pour y dispenser ses croyances religieuses et se retrouva responsable d’une ribambelle de gamins menacés par les attaques japonaises pendant la seconde Guerre Mondiale. Le destin de cette sainte laïque devint ainsi un des mélodrames les plus sirupeux qui soit par l’entremise du cinéaste Mark Robson, ancien monteur de Citizen Kane, devenu un réalisateur estimé après Les Ponts de Toko Ri et Les Plaisirs de l’Enfer. Peu aidé par une narration ultra linéaire, le film voudrait nous entrainer à la fois dans une épopée grandiose au Pays du Soleil Levant et dans un drame intime sur le combat d’une femme pour acquérir sa liberté en appliquant une notion toute simple: la solidarité des êtres les uns envers les autres! Noble intention me direz vous, qui n’arrive jamais à se concrétiser car Robson n’a pas les épaules pour « aller » au delà de la légende. Sa mise en scène tapageuse empile les séquences absurdes avec une mièvrerie écoeurante et le prêchi prêcha de son héroïne ne nous émeut quasiment jamais. Rendons grâce à la toute dernière partie lorsque elle fuit dans les montagnes pour sauver une centaine d’enfants du conflit sino japonais et qu’enfin, le film prend une certaine dimension.

Que serait cette Auberge sans son actrice star? Hélas pas grand chose! C’est Ingrid Bergman qui tient le rôle de cette missionnaire au grand coeur, apparemment pas ravie d’être là mais consciencieuse de bien faire, elle apporte au film ce qui lui manque tant par ailleurs: une âme! Le colonel de l’Armée chinoise est campé par Curd Jurgens avec qui elle noue une romance bien improbable, juste pour faire pleurer la ménagère de plus de cinquante ans. Mais l’erreur de casting majeur vient du choix de Robert Donat pour incarner un mandarin chinois (!!), ridicule à souhait et qui enlève au film toute chance d’être pris au sérieux! Bref, la Chine version Hollywood ne pouvait aboutir qu’à ce produit inepte et qui d’ailleurs n’a laissé aucune trace dans l’histoire du cinéma.

ANNEE DE PRODUCTION 1958.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Hollywood se fourvoie péniblement dans cette superproduction tournée en Grande Bretagne et censée se dérouler en Chine! Un flot continu de bons sentiments et une réalisation sans une once de subtilité de Robson. Ingrid Bergman se démène en missionnaire anglaise devenue sainte, comme si elle se prenait encore pour Jeanne D'Arc! A oublier.

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