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LES AMANTS DU CAPRICORNE

En 1831, Charles Adare accompagne son oncle, nouveau gouverneur de la province de la Nouvelle Galles du Sud, en Australie, pour y faire fortune. Il rencontre Sam Flusky, un riche homme d’affaires et ancien forçat, qui lui propose une affaire pour démarrer. Lors d’un dîner chez lui, il découvre que l’épouse de Sam Flusky est Henrietta, une ancienne amie de sa sœur. Henrietta est dépressive et a sombré dans l’alcool. Sam Flusky demande alors à Charles de l’aider à reprendre le dessus.

Deuxième film en couleurs d’Alfred Hitchcock après La Corde, Les Amants du Capricorne sort des sentiers battus dans l’oeuvre du maitre, car il y délaissait son habituel attrait pour le suspense afin de mettre en scène un drame romanesque en costumes situé dans l’Australie du milieu du XIXe siècle! Avec son aspect théâtral marqué et surtout ses longues plages de dialogues le rendant quelque part trop bavard, ce film fut longtemps décrié et son échec critique et public cinglant n’arrangea pas les choses. Il porte pourtant en lui des notions purement hitchcockiennes et des thèmes que l’on retrouve notamment dans Rebecca ou L’Auberge de la Jamaique, comme le poids de la culpabilité, le passé traumatisant, l’aveu d’un acte que l’on a pas assumé, et même si effectivement, le suspense manque cruellement, Hitch n’en soigne pas moins sa mise en scène. Longs plans séquences, travellings, caméra virtuose: son art consommé ne peut faire le moindre doute. Sûrement au détriment d’une histoire un brin longuette sur la déchéance amoureuse, la confession morale, le rachat des fautes commises et l’angoisse d’une femme en train de perdre pied. La présence d’une gouvernante abusive et manipulatrice rappelle bien sûr Mm Danvers dans Rebecca et Sir Alfred retrouve pour l’occasion des comédiens qu’il a déjà dirigé auparavant.

Joseph Cotten, alors en pleine ascension après L’Ombre d’un Doute et ses films avec Welles, endosse le rôle de l’ancien forçat enrichi avec une réserve un peu regrettable, le laissant presque en retrait face à Michael Wilding, un acteur anglais distingué qui tire la couverture à lui. Enfin, pour la troisième fois après La Maison du Dr Edwardes et Les Enchainés, Ingrid Bergman tourne pour son réalisateur fétiche, avant de s’enfuir en Italie pour rejoindre Rossellini. Dans ce personnage souffreteux, fragile, égaré, elle brille par les nuances de son jeu très étudié, en particulier dans un long monologue de huit minutes qu’elle tient avec une précision de métronome. Si cet opus d’Hitchcock ne comble pas toutes nos attentes et déçoit, il n’en demeure pas moins tout à fait intéressant à voir.

ANNEE DE PRODUCTION 1949.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un Hitchcock moyen: la réalisation brillante (plans séquences et travellings) ne suffit pas à rendre le script réellement prenant et un sentiment d'ennui persiste. Ingrid Bergman, fine actrice, pour son 3e et dernier rôle pour le maitre du suspense.

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