DISCLOSURE DAY

Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.

Avec son 37e long métrage en 55 ans de carrière, Steven Spielberg revient à ses quasi premières amours en replongeant tête baissée dans un genre qu’il connait bien: la science fiction. Abordée déjà dans Rencontres du 3 type et E.T, elle a tendance ici à se marier avec du thriller d’action pur, comme si l’auteur des Dents de la Mer voulait ratisser large (trop?) dans la cible de ses publics. Et en toute honnêteté, le script volontairement alambiqué de Disclosure Day lorgne clairement vers le style Nolan, avec des enjeux confus, des personnages qui changent d’apparence, des chausses trappes narratives pour nous perdre un peu plus, avant de revenir en dernière instance à un cinéma plus sensitif et à une conclusion par trop surlignée. Entre les deux, on a surtout à faire à un gros blockbuster certes rythmé qui empile les séquences « choc » comme cette poursuite en bagnole se terminant contre la paroi d’un train lancé à toute vitesse. Du genre Mission Impossible remâché et mal digéré pour ne pas tomber dans l’écueil du film d’extra terrestre trop cérébral. D’ailleurs, Spielberg parait bien soucieux de ne pas suggérer l’existence d’une entité « supérieure » à l’humain et tombe dans le piège qu’il évitait si bien dans Rencontres du 3 type: celui de trop montrer, quitte à enlever tout mystère à son propos. Disclosure Day n’est alors plus une oeuvre sur la croyance ou non d’une vie extraterrestre, mais plutôt sur comment apporter au monde les preuves visuelles et tangibles que l’on nous cacherait sciemment depuis Roswell.

En tête d’affiche, l’héroïne de Sans un Bruit, Emily Blunt joue sa partition sans éclat ni génie, ne se préoccupant pas de rendre son personnage complexe: l’histoire s’en charge assez comme ça. Le jeune Josh O’Connor, de plus en plus bankable, l’accompagne avec son physique fort agréable et un jeu correct. Colin Firth et Coleman Domingo se rajoutent au casting pour une dose supplémentaire de plaisir. Annoncé comme le grand retour de Spielberg, que l’on avait préféré plus personnel dans The Fabelmans, Disclosure Day ne constitue pas un mauvais moment à déconseiller absolument: toutefois il suscite une déception relative, essentiellement par ses lourdeurs démonstratives et un chemin sinueux (et bien inutile) que le script de David Koepp emprunte, comme pour nous signifier que tout cela est bien étrange. Dans ce cas, pourquoi la fin ne nous laisse absolument aucune latitude à notre imaginaire ?

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

A vouloir trop montrer et divertir à tout prix, Spielberg sacrifie les mystères de la SF pour du thriller d'action mille fois vu ailleurs. Le casting ne peut pas tout. Une déception, malgré une réalisation très convenable.

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