Jip, professeur de piano à Paris, vivait dans le confort douillet chez sa maitresse Mona, de vingt ans son ainée. Jusqu’à sa rencontre avec une jolie jeune fille du nom de Rita. Jipp quitte Mona et vit une histoire d’amour et existence bohème avec sa nouvelle compagne….
Le tout premier film de Jean Pierre Blanc, La Vieille Fille, avait crée la surprise en 1971 par son ton insolite, sa poésie singulière, sa mélancolie particulière. Hélas, le miracle ne se reproduit pas du tout quatre ans plus tard quand sort D’Amour et d’Eau Fraiche, vendue comme une comédie sentimentale perchée. Essayant de renouveler la fantaisie qui lui avait si bien réussi jadis, Blanc se démène et brasse du vide, faute à un scénario totalement indigent et consternant. On se moque de ce personnage lunaire et amorphe « tiraillé » par deux femmes d’âges et de caractères opposés et rien de ce qu’il lui arrive ne nous touche un seul instant. Divisé en deux parties, le récit voudrait osciller entre la dérision, le réalisme et faire le grand écart (hasardeux) de la comédie de boulevard au drame pur: encore aurait il fallu une écriture digne de ce nom et accessoirement une mise en scène! Mais force est de déplorer que Blanc n’a ni la carrure ni l’once d’un réalisateur et même la durée modeste de 1H25 s’étire interminablement vers des abimes d’ennui.
A priori sur le papier, la distribution pourrait nous laisser quelque espoir de rattrapage! Malheureusement, le film repose donc énormément sur le couple de jeunes amoureux, ressemblant à des zombies déconnectés du monde réel et joués par Julien Clerc et Miou Miou. Le chanteur parait mal à l’aise et engoncé, peu aidé par des répliques insignifiantes (il ne refera d’ailleurs jamais d’autre film ensuite) et sa compagne d’alors dans la vraie vie se traine dans un rôle creux où on a du mal à retrouver la fougue qui l’animait tant dans Les Valseuses, deux ans plus tôt. Enfin, l’unique planche de salut revient à Annie Girardot, enlaidie, cheveux frisés ternes, et n’apportant que quelques bribes d’humour par ci par là. Un film raté c’est triste! Mais une daube pareille, ca fait rager!
ANNEE DE PRODUCTION 1976.



