LITAN

Litan, petite cité montagneuse et brumeuse. Le carnaval doit s’y dérouler. Nora est réveillée par un cauchemar. Commence alors pour elle et son compagnon Jack, une folle poursuite à travers la ville où tous les habitants semblent avoir perdu la raison. Un inquiétant médecin prépare des expériences bizarres sur des patients. Le couple tente vainement de prendre la fuite…

Avec La Cité de l’Indicible Peur, Litan reste la seconde et ultime tentative dans le genre fantastique de Jean Pierre Mocky, bien plus habitué aux comédies ou aux polars sinueux. Dans une atmosphère hors du commun, baigné de brume et de trognes affublés de masques hideux, le film joue à fond la carte de l’étrange et de l’irrationnel, cultivant un sens de l’onirisme plutôt appréciable. Avec un budget de nouveau réduit comme peau de chagrin, l’auteur des Saisons du Plaisir essaie bravement de provoquer de l’effroi, de nous immerger dans une ambiance inconfortable, et d’imposer ses idées parfois aussi farfelues qu’intrigantes. Le souci se niche ailleurs: mélanger un docteur fou, des morts mystérieuses, des vers luisants vivant dans l’eau et désintégrant les humains et l’incursion de visions d’horreur au milieu de rêves prémonitoires aboutit à un résultat confus et hyper brouillon. Mocky réalise en fait un « nanar » quasi assumé, une sorte de série Bis mal digérée, un hommage au serial du cinéma muet (on pense lointainement à Caligari), que la « nonchalance » du réalisateur fait dévier trop souvent vers une route fortement escarpée. Avec un vrai travail sur le scénario et des trucages moins « artisanaux », Litan aurait pu ressembler à quelque chose de plus construit et donc de plus satisfaisant.

En outre, les comédiens laissent à désirer: Marie Josée Nat, peu à l’aise dans ce registre, en fait beaucoup trop et gesticule de façon ridicule pour signifier sa « terreur », Mocky lui même joue son partenaire avec un sens approximatif de la nuance et enfin Nino Ferrer, le chanteur, campe le médecin agité du bocal sans grande conviction. On retrouve quelques « gueules » typiques de l’univers Mocky comme Dominique Zardi, Jean Claude Rémoleux, Micha Bayard. Bien que l’ensemble n’atteigne pas le niveau de ses intentions initiales, Litan a obtenu le Prix de la Critique à Avoriaz… sans doute pour féliciter à minima la tentative louable à « faire peur » du cinéma français. En tout cas, Mocky ne réitérera pas l’expérience.

ANNEE DE PRODUCTION 1982.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Etrange, curieux, cet Ovni signé Mocky pâtit hélas d'un budget bien faible et surtout de carences gênantes de scénario. Le casting n'est pas à la fête non plus. Reste un objet insolite à l'arrivée.

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