Dans un internat pour filles en Suisse, la jeune Jennifer Corvino, qui a des pouvoirs télékinésiques et télépathiques, tente de démasquer un tueur en série qui terrorise ses camarades de classe. Au cours de son enquête, Jennifer va également découvrir le terrible secret qui se cache derrière les murs de l’internat.
Après ses grands films de la décennie 70 qui l’ont sacré maitre incontesté du giallo et du fantastique italien, Dario Argento a connu des années plus rudes dans les eigthies, même si ce Phénoména compte encore parmi ses relatives belles réussites. Retrouvant quasiment le schéma gagnant de Suspiria et de Ténébres, il réécrit une histoire de tueur en série, agrémenté d’une jeune fille débarquant dans une école suisse, où elle va découvrir ses pouvoirs télékinésiques et se lier d’amitié avec un savant paralytique expert en insectes. Les idées se bousculent à vrai dire un peu trop dans ce scénario dense et qui finit par partir dans tous les sens. Argento maitrise toujours sa mise en scène, illustrant ses plans de mouvements de caméra ingénieux, de travellings travaillés, d’un montage saccadé rythmé par une bande musicale très fournie. Il se trouve au croisement du giallo tant aimé avec ses meurtres sanglants et ses coups de couteau mortels et du conte fantastique pur. La jeune héroïne évoque d’ailleurs une Alice au pays des merveilles façon cauchemar éveillé (d’autant qu’elle souffre de somnanbulisme), manière de bien brouiller la frontière entre rêve et réalité. Comparé à ses illustres classiques, l’italien insère sans doute une pointe de poésie inédite qui sert le film de façon inattendue. Mais au rayon des déceptions, notons que le métrage souffre de longueurs dans sa dernière partie, lancinante et décevante.
Phénomena a été monté avec un casting plutôt original, porté par trois comédiennes différentes et encore assez peu connues à l’époque: Jennifer Connely, 15 ans à peine, sortie de sa participation dans Il Etait une fois en Amérique, occupe le premier rôle avec une jolie présence. Daria Nicolodi, épouse et muse d’Argento, campe une femme étrange dont on ne cerne pas bien les intentions pendant un long moment. Dalila Di Lazarro, ancien mannequin et ex petite amie de Delon dans 3 Hommes à Abattre, joue une directrice d’école autoritaire. Enfin, cerise sur le gâteau, l’excellent Donald Pleasence, remis en selle depuis Halloween, rentre dans la peau du vieux savant paralysé. Si Phénomena ne peut prétendre détenir le titre de film fantastique incontournable, il ne manque nullement d’intérêt et sera d’ailleurs l’ultime oeuvre importante d’Argento à connaitre une exploitation française digne de ce nom.
ANNEE DE PRODUCTION 1985.



