En plein cœur de l’été, Joseph, l’un des derniers bergers du littoral corse, voit son terrain convoité par le milieu pour un projet immobilier. Il refuse de céder. Cela signerait la fin d’un monde. Quand il tue accidentellement l’homme venu l’intimider, il est forcé de prendre la fuite et devient la proie d’une traque sans répit du sud au nord de l’île. Portée par sa nièce Vannina, la légende de Joseph, incarnant une résistance réputée impossible, grandit au fil des jours et se propage dans toute la Corse…
Tourné dans les superbes paysages sauvages corses, Le Mohican s’attribue les codes du western et les agrémente dans une intrigue policière assez simpliste. Dirigée par Frédéric Farrucci qui avait signé Entre Les Lignes, la mise en scène de ce thriller suit tout du long la trajectoire d’un homme seul contre la Mafia corse, lancée à ses trousses. Ce berger tranquille qui n’a rien demandé à personne et causé aucun tort se voit pris en chasse pour avoir refusé de céder son terrain et s’enfuit pour échapper à une exécution en bonne et due forme. Survival tendu, étude de caractère, Le Mohican pêche surement un poil du côté de son scénario qui développe insuffisamment son intrigue: il y a la traque de cet homme, sa solitude face au danger, sa résistance pour défendre son lieu de travail et de vie, mais par ailleurs l’histoire demeure plutôt linéaire et sans grande surprise. Farrucci tente de montrer la solidarité qui existe sur l’Ile de Beauté face à l’emprise envahissante d’une Mafia toute puissante et très organisée.
En berger corse acculé et pris pour cible, Alexis Manenti joue beaucoup de sa présence physique et de son visage assez fermé pour traduire les sentiments de son personnage, entre la peur et la détermination. Farrucci a certainement dû voir les oeuvres de Melville (pour le côté taiseux) et de Giovanni (pour la partie action pure et la violence frontale), car ces influences ressortent de façon évidente. La tension ne faiblit presque pas durant 1H23 (durée très modeste), ce qui rend d’autant plus brutale une conclusion un brin « facile » et expéditive.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



