ZONE ROUGE

Dans un hameau montagneux, Claire Rousset rejoint son ex mari Pierre qu’elle découvre malade, touché par des malaises étranges. Dans la nuit même, un immense incendie se déclare et détruit le petit village. Claire parvient à s’échapper à temps. Elle rencontre Jeff, employé d’un organisme de sécurité et de surveillance qui va l’aider à comprendre ce qui s’est passé…

Après des gros succès dans la décennie 70, dont Les Aventuriers et surtout Le Vieux Fusil, la carrière du réalisateur français Robert Enrico marque le pas avec des projets avortés et même l’interruption en plein tournage de Coup de Foudre, une grosse production avec Deneuve et Noiret. On le retrouve donc au mi temps des années 80 avec Zone Rouge, sorte de thriller écolo avant la lettre dans lequel un scandale sanitaire est étouffé par l’Etat, prêt à supprimer les éléments gênants et empêcher la vérité de se faire. Enrico connait son métier et sa réalisation honnête fonctionne correctement, notamment dans la longue séquence de l’incendie du hameau, constituant le morceau de bravoure du film. Zone Rouge se poursuit avec une enquête sur les circonstances exactes de l' »accident », le faits relatés incriminant indirectement les hautes instances étatiques et de ce point de vue, le suspense manque de « coffre » et l’aspect polar souffre d’un rythme plutôt nonchalant. Le scénario pâtit aussi de certaines invraisemblances, mais a le mérite de mettre à jour les pollutions environnementales provoquées par l’homme le plus souvent au mépris des populations. En outre, Enrico traite d’un motif récurrent dans son cinéma: le feu (déjà présent dans Les Grandes Gueules, Le Vieux Fusil et sa série TV Au nom de tous les miens), à la fois fascinant et dangereux.

Le « cast » de Zone Rouge réunit deux acteurs aux univers éloignés: le tandem Sabine Azéma/Richard Anconina est une des bonnes surprises du film. Azéma, actrice muse d’Alain Resnais, héroïne d’un polar d’action a de quoi surprendre, elle donne de sa personne et joue une jeune femme déterminée à faire éclater la vérité. Anconina, jeune comédien à la mode après Tchao Pantin et Police, pourtant davantage dans son élément ne convainc pas autant en enquêteur cynique et goguenard. La qualité principale réside dans la façon dont Enrico ose aborder le sujet de l’écologie, en visionnaire courageux, avec un style à la Yves Boisset. Le résultat n’a rien de faramineux, cependant il y a bien pire et on peut traverser cette zone rouge sans crainte de s’y ennuyer.

ANNEE DE PRODUCTION 1986.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un polar écolo regardable malgré ses nombreux défauts. Enrico sait filmer et rend cette histoire de scandale sanitaire assez accrocheuse. Sabine Azéma étonnante dans un emploi inhabituel.

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