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L’ESPECE EXPLOSIVE

Dans une campagne reculée du Nord de la France, des sangliers ravagent les cultures, créant une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, céréalier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme à flot et pète un plomb quand un notable du coin le pousse à bout. Orsini, un gendarme corse passablement perturbé, est muté dans la région et enquête alors dans le secteur, soupçonnant un trafic de sangliers polonais, plus gros que la moyenne…

L’Espèce Explosive marque l’entrée en cinéma d’une jeune réalisatrice dénommée Sarah Arnold et le moins que l’on puisse dire est qu’elle a choisi une voie pas forcément évidente à suivre: la comédie barrée. Son pitch initial amorce une direction prometteuse vers l’absurde, voire même le surréalisme, mais elle peine à conduire son délire jusqu’au bout. Pourtant, il y avait matière à délirer: des sangliers gros comme des vaches, un gendarme illuminé, des notables peu reluisants, une ambiance étrange et vraiment inhabituelle. Sans doute que la mise en scène freine des quatre fers et reste dans une zone trop sage pour apporter de l’adrénaline à bon nombre de séquences qui manquent de peps. Hormis quelques sourires arrachés par des réparties parfois décalées, la majorité du temps le rire se fait rare et on se prend à consulter sa montre à plusieurs reprises. La folie douce du personnage central, d’abord discrète, finit par s’accentuer dans une ultime demie heure très loufoque, tentant de rattraper péniblement le coup. Lorgnant du côté de Quentin Dupieux et de ses protagonistes fréquemment « hors sol », L’Espèce Explosive compense un poil ses faiblesses grâce à un casting aussi convaincant que bien senti.

Dans la peau du gendarme en plein « burn out » existentiel, Alexis Manenti déploie une fois de plus sa large palette de jeu, et offre ses aptitudes en matière de comédie, le sortant du même coup des univers sombres dans lesquels il a été employé (Les Misérables, Le Ravissement, Le Mohican). L’autre bonne surprise vient du contre emploi de Vincent Dedienne, casté en coéquipier hétéro lourdaud. Enfin, une petite mention spéciale pour Ella Rumpf, confirmant les espoirs mis en elle depuis Grave et Des Preuves d’Amour. Sortir des sentiers battus pour proposer un cinéma de genre biscornu relève d’une tentative louable (surtout pour des débuts de cinéaste): dommage que Sarah Arnold n’ai pas les épaules assez solides pour mener son film vers du « singulier abouti », pour ne pas dire du « sanglier embouti »!

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Pour une comédie barrée, on rit hélas bien trop peu! C d'autant plus bête que le pitch absurde donnait envie et que les acteurs sont investis (Manenti en tête!).

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