Norman Maine, star déchue d’Hollywood, découvre une jeune chanteuse inconnue, Esther Blodgett et décide d’en faire une vedette. L’amour les rapproche et après bien du travail, le succès est au rendez vous et Esther devient Vicky Lester, une étoile scintillante qui enchaine les rôles. Tandis qu’elle atteint les sommets, Norman sombre dans la déchéance et l’alcool. Peut elle encore l’aider à se remettre en selle?
Remake d’un film de Wellman sorti en 1937, Une Etoile est Née est littéralement repris de zéro, magnifié, sculpté et surtout grandi par le cinéaste George Cukor qui en réalise une version bien plus profonde et empreinte d’un véritable souffle. Avec un budget confortable alloué par la Warner, Cukor livre une satire d’Hollywood à la fois cruelle, pertinente et amère, où il démonte les mécanismes d’un système qui broie ses vedettes après les avoir monté au pinacle. A travers le destin parallèle d’un acteur en bout de course et souffrant d’alcoolisme et de la jeune femme dont il fait une star, le film bénéficie d’un scénario très écrit, doté d’une grande richesse thématique et accomplit le miracle d’être une comédie musicale enjouée et un drame d’une noirceur absolue. Avec son magnétisme iconoclaste, sa réalisation d’envergure (Cukor n’a jamais été aussi inspiré avec sa caméra), Une Etoile est Née décrit la lente descente en enfer personnelle d’une artiste vivant en même temps les bonheurs de la gloire (à double tranchant) et les affres de sa vie privée désastreuse. Le récit dramatique se nourrit d’interludes et de numéros musicaux tout à fait exceptionnels, surtout la séquence de 17 minutes de « Born in a Trunk« , morceau de bravoure central d’une oeuvre cohérente, sensible, glissant doucement vers le tragique. Le film parle de confiance en soi, d’autodestruction, de comment révéler sa nature profonde et parvenir à se maintenir au sommet lorsqu’on est sous contrat avec un studio de cinéma impitoyable et adulé d’un public encore et toujours en demande. Le monde du spectacle confond l’illusion et la réalité et Norman autant que Vicky en sont les victimes toutes désignées.
Cukor a su reconstituer la grandeur et la décadence par de longs plans séquences époustouflants, une maitrise inégalée du cadre, un choix de couleurs précis et des costumes aussi stylés que magnifiques. Dans le plus beau rôle de sa carrière, Judy Garland est emballante de bout en bout, dans la légèreté, la nuance, l’éclat, puis dans le désespoir et l’impuissance de son personnage à sauver celui qu’elle aime de toutes ses forces. Un travail d’actrice exemplaire honteusement ignoré par l’Académie des Oscars! James Mason aussi fait cadeau d’une performance remarquable en acteur détruit par ses démons et émeut aux larmes par son regard désemparé. Dans ce miroir aux alouettes qui finit immanquablement par se briser, la vie des êtres est un rouleau compresseur et la gloire revêt un caractère maudit. Le spectacle doit continuer comme dit l’adage (Show must go on), à n’importe quel prix! Un film colossal qui n’en finit pas d’émerveiller et de nous submerger d’émotions.
ANNEE DE PRODUCTION 1954.




Tout à fait d’accord.