LES CAMARADES

A la fin du XIXème siècle, dans une fabrique textile de Turin, les ouvriers, soumis à un rythme de travail infernal, voient se multiplier les accidents. Trois d’entre eux entrent en conflit avec le contremaître à la suite d’un nouveau drame. Il est alors décidé, en guise de protestation, que tous partiront une heure plus tôt ce soir-là. Mais cette action n’est pas du goût des patrons, qui profitent de l’inexpérience de ces hommes simples pour les berner. Les sanctions tombent. L’instituteur Sinigaglia, un militant socialiste, fraîchement débarqué de Gênes, pousse les ouvriers à s’organiser…

L’italien Mario Monicelli décrit la condition ouvrière à travers cette fresque historique située à Turin et relatant des faits réels. Les Camarades montre, tel un documentaire, la vie au travail de ces employés d’usine au quotidien usant, passant l’essentiel de leur existence à trimer pour des patrons qui les méprisent et les regardent mourir à petit feu. Dans une veine néo réaliste à la Rossellini, l’oeuvre touche par son parfum d’authenticité, son approche humaniste nous rend les personnages proches de nous, même sans vivre leur état d’esclavage « moderne ». Ecrit par le duo Age et Scarpelli (Nous nous sommes tant aimés), Les Camarades est un film politiquement engagé à gauche, en quête de justice sociale, soigneusement photographié par Rottuno faisant de ses brumes et de ses contrastes une série d’images d’une beauté triste. Peu d’humour dans le combat de ces ouvriers en grève, luttant pour leur dignité, découvrant qu’un nouveau monde est peut être possible à moins de se serrer les coudes et de rester solidaires. Quelques légères longueurs viennent un peu ralentir la narration en cours de route, mais globalement Monicelli réussit à traduire la révolte de ses protagonistes et leurs motivations communes.

Une jolie distribution fait également le sel du métrage: en premier lieu, Marcello Mastroianni campe le militant socialiste meneur du mouvement, Renato Salvatori rentre dans la peau d’un ouvrier fort en gueule, François Périer dans celle d’un professeur et enfin Bernard Blier dans l’un de ses seuls rôles en italien. Ajoutons à ces acteurs mythiques la contribution essentielle d’Annie Girardot en prostituée aussi belle qu’émouvante, apportant une touche de tendresse inattendue dans un ensemble bien dur. En opposant l’individu au collectif, Monicelli a signé une oeuvre marquante sur la misère ouvrière et sur leur lutte pour obtenir enfin une reconnaissance de leur labeur.

ANNEE DE PRODUCTION 1963.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une belle oeuvre méconnue de Monicelli sur des faits véridiques. Un groupe d'ouvriers en révolte mené par Marcello Mastroianni et quelques autres grands noms. Un film italien à reconsidérer urgemment.

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