Un Jour avec mon père est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l’immense ville alors que des troubles politiques menacent.
Les événements politiques qui secouèrent le Nigeria en 1993 avec ce coup d’Etat militaire menaçant la quiétude des habitants et faisant régner une certaine terreur sont relativement mal connues en France et ce tout premier long métrage permet un retour en arrière nécessaire pour éclairer d’un jour nouveau cette page de l’Histoire. A hauteur d’enfants, le récit nous raconte les retrouvailles d’un père avec ses deux jeunes fils à travers leur escapade à Lagos, ancienne capitale nigériane, alors en pleine ébullition dans l’attente des résultats de l’élection présidentielle. La figure du père nous apparait complexe, entre tendresse mal exprimée, rudesse dans les rapports, absence incomprise par des enfants en besoin quotidien d’attention. Un Jour avec mon père a été tourné par Akinola Davies Jr selon les souvenirs prégnants qu’il garde de son père et nous les restitue avec une belle émotion dans un mélange de scènes intimistes (avec des gros plans pour accentuer la proximité) et des séquences presque inquiétantes de chaos général dans la ville. Filmé en 16 mn, le film possède un véritable aspect réaliste et quasi documentaire, dans lequel la vérité des êtres jaillit et nous prend aux tripes. Il n’est nul besoin ainsi de connaitre parfaitement le contexte politique troublé pour apprécier cette oeuvre sensorielle et « palpable ».
Les interprètes, d’un naturel confondant, participent à la réussite du métrage. En particulier, l’envoutant Sope Dirisu, connu pour la série Gangs of London, et incarnant là ce père impressionnant par sa stature physique et paradoxalement doté d’un regard d’une fragilité bouleversante. Les deux gamins, joués par Chibiuke Egbo et Godwin Egbo, véritables frères dans la vie, apportent une caution touchante à ce premier film stimulant qui fut sélectionné l’an passé pour la Caméra d’Or à Cannes. Une mention spéciale lui a été décernée. Cette virée intime et politique prouve combien le cinéma garde un oeil attentif sur le monde et ses tourments, tout en se focalisant avant tout sur l’essentiel: l’humain.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



