CHOCOLAT

De retour dans le Cameroum où elle a passé sa jeunesse, France revit les souvenirs de son enfance.

Ce tout premier long métrage de la réalisatrice française Claire Denis est certainement un de ses travaux les plus forts, les plus personnels. Elle même restée longtemps en Afrique durant sa jeunesse, elle prend le pouls d’un pays en pleine mutation, subissant encore le colonialisme (même si celui ci en est à sa phase « terminale »). Le Cameroun en décors naturels, magnifiquement photographié par le chef opérateur Robert Alazraki, coeur battant de ce récit vu à hauteur d’enfant. Chocolat raconte en filigrane l’amitié d’une petite file blanche française et Protée, le boy noir employé par ses parents, un rapport plein de tendresse, de fluidité, de simplicité qui hélas ne va pas survivre à la prise de conscience politique du racisme colonial. Claire Denis rappelle combien la colonisation n’était pas la « pacification » souvent faussement racontée, mais bien l’exploitation des indigènes par les colons. Le fil ténu de l’intrigue trouve la justesse nécessaire au traitement, par la lenteur des actions, l’observation des personnages sur la situation, et la grande rigueur plastique des plans. Denis traite aussi d’un désir tabou qui ne peut s’accomplir entre Protée et Aimée, filmant leurs corps avec une belle sensualité. Ce récit autobiographique sent donc le vécu et la réalisatrice essaye au maximum de nous faire ressentir les sensations invisibles, le souffle particulier de l’Afrique.

Le personnage central, Protée, est incarné par Isaac De Bankolé, révélé deux ans avant par Black Mic Mac, d’une photogénie incroyable, accompagné de la petite Cécile Ducasse. François Cluzet, Mireille Périer et Jacques Denis forment le reste de la distribution. Soulignons l’attention apportée au son et à l’environnement naturel qui crée un dépaysement singulier en évitant cependant l’aspect « exotique » auquel on aurait pu s’attendre. Pour ses débuts, Claire Denis impose une vision toute personnelle, un style bien à elle, que l’on retrouve tout au long de ses futures oeuvres. Du cinéma d’auteur humaniste à considérer.

ANNEE DE PRODUCTION 1988.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un premier long métrage sensible, dépaysant et revenant sur les cendres du colonialisme. Belle présence d'Isaac de Bankolé. Le cinéma de Claire Denis ne ressemble à aucun autre.

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