Ancien cambrioleur spécialisé dans les vols de bijoux, John Robie fut surnommé « Le Chat » en raison de son extrême agilité. Ayant abandonné ses activités illégitimes depuis belle lurette, il profite pleinement de sa retraite ensoleillée sur la Côte d’Azur. Pourtant, il va se retrouver impliqué malgré lui dans une affaire de vols en série dont l’auteur se fait aussi appeler Le Chat…
Situé dans sa filmographie entre Fenêtre sur Cour et Mais qui a tué Harry?, La Main au Collet fait figure pour Alfred Hitchcock de « parenthèse touristique », de petite sucrerie sans grande consistance qu’il semble avoir tourné surtout pour se faire plaisir. Délaissant pour une rare fois son intrigue (le pitch: un voleur de bijoux rangé des voitures soupçonné à tort d’être l’auteur de nouveaux méfaits), le maitre laisse de côté son habituel sens du suspense pour livrer une aimable comédie policière que l’on suit sans s’ennuyer, mais qui est bien loin des grandes réussites de son auteur. Hitch a posé sa caméra pour la toute première fois en France et filme amoureusement les paysages fantastiques de la Côte d’Azur, en Vistavision et dans un Technicolor de toute beauté (rendant une luminosité éclatante), et retrouve un de ses thèmes de prédilection: le faux coupable. Un tantinet longuet à se mettre en place, La Main au Collet se traine dans des séquences plutôt bavardes, où les enjeux du script peinent à captiver, seuls quelques dialogues malicieux sur le désir érotique des deux personnages et une impressionnante course poursuite en voiture entre Nice et Monte Carlo constituent les moments de bravoure d’une mise en scène relativement molle. En réalité, 95% du charme se trouve condensé dans le couple vedette jouant au chat et à la souris et que Sir Alfred a réuni pour obtenir l’atout principal.
Ainsi, il redirige pour la troisième fois Cary Grant, à la classe légendaire, le cheveu légèrement grisonnant, tout en décontraction, se laissant ouvertement séduire comme une midinette par le véritable soleil du film: Grace Kelly. Quoiqu’elle fasse, la future princesse de Monaco est déjà en terrain conquis, également sous l’oeil avisé et amoureux de son réalisateur pour leur dernière collaboration avant son retrait du métier d’actrice. Elle irradie littéralement l’écran dans des toilettes à couper le souffle et demeure en définitive le pivot de cette oeuvre mineure. Pas du tout désagréable, juste inoffensive!
ANNEE DE PRODUCTION 1955.



