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LE BOSSU DE LA MORGUE

Gotho, pathètique bossu, travaille dans la morgue d’un hôpital et tombe amoureux fou d’une jeune malade, Ilse. Hélas, elle meurt prématurément et laisse Gotho inconsolable…

En pleine dictature franquiste, le cinéma espagnol connut un sacré rebond dans le genre fantastique, calqué en partie sur les productions américaines et anglaises de la Hammer. Les Vampires du Docteur Dracula donne le ton en 1972 et connait un tel succès qu’elle ouvre une voie royale à toute une série de films d’épouvante, dont ce Bossu de la Morgue. Nourri à de multiples références, le réalisateur Javier Aguirre s’illustre là avec le scénariste et acteur principal Paul Naschy (ancien champion d’haltérophile) et incorpore dans son intrigue un savant fou utilisant de vrais cadavres pour ces expériences (on pense à Frankenstein immédiatement), un laboratoire caché, des instruments de torture et un bain d’acide pour dissoudre les corps et donc un bossu façon Quasimodo, laid certes mais romantique et profondément amoureux d’une pauvre fille morte (ce qui évoque directement le thème de la nécrophilie). Agrémenté d’une photographie aux couleurs somptueuses, le film brouille les pistes, s’autorise une violence frontale, une barbarie appuyée sur les chairs (décapitation, éventration, mutilation) dans une ambiance baroque saisissante. L’aspect le plus discutable de l’ensemble réside dans le scénario, peu structuré et qui part un peu dans tous les sens, heureusement sans perdre le fil du morbide et du drame tragique. Ainsi, on préférera nettement les élans lyriques du bossu pour sa belle plutôt que la sommaire enquête policière mal développée par Aguirre. En effet, le bossu épris de la jolie femme renvoie à Hugo et Notre Dame de Paris évidemment, créant chez le spectateur un sentiment de pitié pour le monstre rejeté de tous et qui tente pourtant de faire parler son coeur.

Paul Naschy véritable star du genre, habitué à en faire des caisses, trouve là son plus beau rôle, après avoir surtout joué des vampires, des assassins, des types inquiétants ou des loups garous. Trapu, visage expressif, Naschy pouvait parfois faire preuve de subtilité dans ses interprétations et il demeure un des meilleurs représentants du cinéma Bis ibérique. La tristesse et la mélancolie s’invitent au milieu du gore le plus radical et ce mariage inattendu explique en partie pourquoi Le Bossu de la Morgue a fini par obtenir un statut de film culte. Pour ceux qui aiment le lugubre et le déviant, le compte y est largement!

ANNEE DE PRODUCTION 1973.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une production typique du fantastique espagnol, conduite par Aguirre recyclant des ingrédients propres au genre. Paul Naschy endosse le rôle du bossu avec ferveur. Du Bis comme on l'aime.

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