Hugo a 19 ans. Comme chaque été, il passe ses vacances sur une île atlantique, dans la petite maison familiale. Mais cette année est différente, Hugo s’est transformé physiquement et arrive accompagné de sa petite amie, Queen, une esthéticienne dont la verve et les longs ongles strassés détonnent avec la sobriété et la timidité du jeune homme. Rapidement, le couple devient l’objet de tous les regards.
La naissance d’un jeune nouveau réalisateur du nom d’Aurélien Peyre et la promesse d’un talent qui se profile avec ce premier long métrage. Quelque part entre le cinéma de Rohmer pour son approche sensible des amours de jeunes adultes baignées de soleil et d’insouciance et une cruauté à la Pialat. Ce conte initiatique démarre sous les auspices d’une comédie sentimentale tendre et légère avant de dériver lentement mais sûrement vers quelque chose de plus âpre, de plus dramatique. Sur le thème certes déjà souvent traité des différences sociales, le scénario raconte l’histoire apparemment banale d’un amour naissant entre un jeune homme récemment transformé physiquement (par un régime et du sport intensif) et une très jolie demoiselle spontanée, fraiche, décomplexée, un peu trop vite cataloguée comme une insupportable cagole! Le réalisateur sait choper le délicat équilibre entre fausse confiance en soi et doutes permanents sur des désirs encore fragiles et peu affirmés et surtout montre combien l’image que l’on veut renvoyer de soi brouille souvent notre rapport aux autres. L’épreuve du Feu dénonce également le dictature du paraître, le sentiment de supériorité des snobs face à des personnes naturelles et authentiques. Ne craignant pas de tendre vers la radicalité dans sa dernière partie, le film suit son chemin « tranquille » observant des êtres se touchant avec maladresse, se regardant sans se voir vraiment, se blessant aussi sans forcément réfléchir.
Au coeur de cette chronique estivale, on retrouve en premier lieu le jeune révélé par Eté 85, Félix Lefebvre, plutôt émouvant en amoureux assailli peu à peu par le doute. La vraie et belle surprise vient pourtant d’Anja Verderosa, éclatante comme un rayon de soleil aveuglant, d’une nature telle que l’on ne se focalise quasiment que sur elle. Ce qui n’aurait pu rester qu’une simple romance de vacances prend une ampleur inattendue par la grâce d’une écriture touchante qui sait très bien où elle veut aller. A n’en pas douter, il faut surveiller de près ce cinéaste en devenir et attendre son second opus avec impatience.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



